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Traité Arachin

5a

Étude de Arachin 5a

Étude de la Mishna & Guémara 5a

« La patte de cet animal est un holocauste », on aurait pu penser que tout l'animal deviendra un holocauste. C'est pourquoi le verset dit : « Et si c'est un animal de ceux qu'on apporte en offrande à l'Éternel, tout ce qu'on en donnera à l'Éternel sera saint » (Vayikra 27, 9). Le verset indique que la partie qu'on donne sera sainte, mais pas tout l'animal.
״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״ — יָכוֹל תְּהֵא כּוּלָּהּ עוֹלָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳ יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״ — מִמֶּנּוּ קוֹדֶשׁ וְלֹא כּוּלָּהּ קוֹדֶשׁ.
On aurait pu penser que la patte consacrée peut être rachetée et ainsi transférée au statut profane. C'est pourquoi le verset dit : « Sera [yihyeh] » — elle restera telle quelle, c'est-à-dire la patte demeure consacrée. Comment faire ? L'animal doit être vendu pour servir d'holocaustes — quelqu'un achètera tout l'animal pour l'offrir en holocauste — et le paiement reçu sera profane, sauf le paiement reçu en échange de la patte consacrée. Tel est l'avis de Rabbi Meir.
יָכוֹל תֵּצֵא לְחוּלִּין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״יִהְיֶה״ — בַּהֲוָיָיתָהּ תְּהֵא. הָא כֵּיצַד? תִּמָּכֵר לְצוֹרְכֵי עוֹלוֹת, וְדָמֶיהָ חוּלִּין, חוּץ מִדְּמֵי אוֹתוֹ אֵבֶר שֶׁבָּהּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Rabbi Yehouda, Rabbi Yosse et Rabbi Shimon disent : d'où sait-on que, si l'on dit : « La patte de cet animal est un holocauste », tout l'animal devient un holocauste ? Le verset dit : « Tout ce qu'on donnera de tels animaux à l'Éternel sera saint » (Vayikra 27, 9) — le terme « sera » sert à inclure tout l'animal, indiquant que tout devient saint.
רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: מִנַּיִן לָאוֹמֵר ״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״, שֶׁכּוּלָּהּ עוֹלָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳ יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״, לְרַבּוֹת אֶת כּוּלָּהּ.
Et même selon celui — Rabbi Meir — qui dit que si l'on déclare : « La patte de cet animal est un holocauste », tout l'animal n'est pas un holocauste, cette affirmation ne vaut que si l'on a consacré un organe dont la vie ne dépend pas — par exemple une patte. Mais si l'on a consacré un organe dont la vie dépend — comme la tête —, tout l'animal est consacré. Cela pose une difficulté à Rava, qui tient que la baraïta traitant de la consécration de la tête concerne des objets consacrés pour l'autel : pourquoi tout l'animal ne serait-il pas consacré ?
וַאֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר אֵין כּוּלָּהּ עוֹלָה, הָנֵי מִילֵּי דְּאַקְדֵּישׁ דָּבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, אֲבָל דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ — קָדְשָׁה כּוּלָּהּ.
Rava répond : plutôt, les deux baraïtot concernent des objets consacrés pour l'autel, et même ainsi ce n'est pas difficile. Cette baraïta — selon laquelle si l'on consacre la tête tout l'animal est consacré — parle de sainteté intrinsèque [kedoushat ha-gouf], où il a consacré la tête pour être sacrifiée sur l'autel. L'autre baraïta — qui enseigne que s'il a consacré la tête, seule la tête l'est — parle de sainteté de valeur [kedoushat damim], où il a consacré la tête pour acheter des offrandes.
אֶלָּא, לָא קַשְׁיָא: הָא בִּקְדוּשַּׁת הַגּוּף, הָא בִּקְדוּשַּׁת דָּמִים.
Abaye répond : mais n'est-ce pas toi, Maître, qui as dit que si l'on consacre un mâle pour sa valeur, il est sanctifié avec sainteté intrinsèque et est lui-même sacrifié ? Cela contredit la distinction que Rava tente d'établir entre sainteté intrinsèque et sainteté de valeur.
וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: מַקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדוּשַּׁת הַגּוּף!
Rava répond : ce n'est pas difficile. Cette déclaration — qu'un animal consacré pour sa valeur acquiert sainteté intrinsèque — ne vaut que lorsqu'il a consacré tout l'animal. Là, dans la baraïta sur la consécration de la tête, il s'agit du cas où il n'a consacré qu'un seul membre. Dans ce cas, l'animal n'acquiert pas sainteté intrinsèque.
לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאַקְדֵּישׁ כּוּלָּהּ, הָא דְּאַקְדֵּישׁ חַד אֵבֶר.
Abaye réplique : en réalité, nous avons aussi soulevé un dilemme pour le cas où l'on ne consacre qu'un seul membre. Car Rabba a soulevé un dilemme : si l'on consacre un membre pour sa valeur afin d'apporter une offrande avec le produit, quelle est la halakha — tout l'animal est-il consacré ou non ? Si ton interprétation de la baraïta est correcte, Rabba pourrait trancher sa question d'après la baraïta et conclure définitivement que tout l'animal n'est pas sanctifié pour l'autel.
חַד אֵבֶר נָמֵי אִיבְּעוֹיֵי אִיבַּעְיָא לַן, דְּבָעֵי רַבָּה: הִקְדִּישׁ אֵבֶר לְדָמָיו, מַהוּ?
Rava répond : nous avons soulevé ce dilemme en envisageant la possibilité que tout l'animal soit sanctifié pour l'autel seulement lorsque l'animal est sans défaut [tam] et donc apte à servir d'offrande. Mais ici, la baraïta parle d'un animal défavorable [ba'al moum], semblable au cas parallèle de l'âne, qui n'est pas apte au sacrifice. L'animal en question étant impropre à l'autel, il est clair que tout l'animal n'est pas sanctifié.
כִּי אִיבְּעִי לַן בְּתָם, הָכָא בְּבַעַל מוּם, דּוּמְיָא דַּחֲמוֹר.
Abaye répond : en réalité, nous avons aussi soulevé un dilemme pour un animal défavorable. Car Rabba a soulevé un dilemme : si l'on dit : « Les damim [la valeur] de ma tête pour acheter des offrandes sur l'autel », quelle est la halakha ? Est-on tenu de sa valeur entière ou non ? Rava répond : nous n'avons soulevé ce dilemme qu'avant d'avoir entendu cette baraïta. Maintenant que nous l'avons entendue, nous ne le soulevons plus — nous avons conclu de la baraïta que tout l'animal n'est pas consacré.
בַּעַל מוּם נָמֵי אִיבְּעוֹיֵי אִיבַּעְיָא לַן, דְּבָעֵי רַבָּה: ״דְּמֵי רֹאשִׁי לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ״ מַהוּ? כִּי אִבַּעְיָא לָן מִקַּמֵּי דְּאֶשְׁמְעַהּ לְהָא מַתְנִיתָא, הַשְׁתָּא דְּשַׁמְעַהּ הָא מַתְנִיתָא — לָא מִיבַּעְיָא לַן.
§ La Guemara revient à la question elle-même. Rabba a soulevé un dilemme : si l'on dit : « Les damim de ma tête pour acheter des offrandes sur l'autel », quelle est la halakha ? Est-on évalué selon la dignité de la partie en question — puisqu'on a consacré un organe vital, on est tenu de sa valeur entière ? Ou n'est-on pas évalué selon la dignité de la partie, et seule la tête est consacrée ?
גּוּפָא, בָּעֵי רַבָּה: ״דְּמֵי רֹאשִׁי לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ״ מַהוּ? נִידּוֹן בִּכְבוֹדוֹ, אוֹ אֵינוֹ נִידּוֹן בִּכְבוֹדוֹ?
La Guemara expose le fond du dilemme : on peut arguer que nous n'avons pas trouvé de cas d'évaluation marchande [damim] qui ne soit pas évalué selon la dignité de la partie spécifiée ; donc, si l'on s'oblige dans la valeur d'un organe vital, on devrait payer la valeur entière de l'entité. Ou peut-être ne devrait-on être tenu que de la valeur de la tête, car nous n'avons pas trouvé de cas d'animal sacrifié sur l'autel qui soit évalué selon la dignité de la partie — que si l'on consacre la valeur d'un organe vital, tout l'animal soit consacré. La Guemara conclut : le dilemme reste non résolu [teïkou].
לָא אַשְׁכְּחַן בְּדָמִים דְּאֵינוֹ נִידּוֹן בִּכְבוֹדוֹ, אוֹ דִלְמָא לָא אַשְׁכְּחַן לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ דְּנִידּוֹן בִּכְבוֹדוֹ? תֵּיקוּ.
Arachin 5a
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ערכין ה׳ אמַסֶּכֶת עֲרָכִין