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Traité Arachin

33a

Étude de Arachin 33a

Étude de la Guémara 33a

Guémara
La Guemara objecte : cela s'accorde bien avec l'avis des Sages, qui disent que la cinquantième année n'est pas comptée dans le décompte du cycle des années de Shemita — il était donc nécessaire de compter les années du Yovel. Mais selon Rabbi Yehouda, qui dit que la cinquantième année est comptée à la fois pour l'un et pour l'autre — c'est-à-dire qu'elle est à la fois la cinquantième année du cycle précédent et la première année du cycle suivant — pourquoi aurait-on besoin de compter les années du Yovel ? Si le Yovel n'est pas en vigueur, il suffit de compter les années de Shemita. La Guemara explique : cette baraïta n'est certainement pas conforme à l'avis de Rabbi Yehouda.
הָנִיחָא לְרַבָּנַן דְּאָמְרִי: שְׁנַת חֲמִשִּׁים אֵינָהּ מִן הַמִּנְיָן, אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: שְׁנַת חֲמִשִּׁים עוֹלָה לְכָאן וּלְכָאן, לְמָה לִי? בִּשְׁמִיטִּין סַגִּיא! הָא וַדַּאי דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara demande : et n'ont-ils pas compté les années de Shemita et de Yovel une fois que les tribus de Reuven et de Gad et la moitié de la tribu de Manassé furent exilées ? Mais n'est-il pas écrit que Yirmiyahu, qui vécut de nombreuses années plus tard, dit : « Au terme de sept ans, vous affranchirez chacun son frère hébreu qui vous aura été vendu et qui vous aura servi six ans ; vous l'affranchirez libre de chez vous ; mais vos pères n'ont pas écouté Ma voix et n'ont pas prêté l'oreille » (Yirmiyahu 34, 14) ?
וְלֹא מָנוּ שְׁמִיטִּין וְיוֹבְלוֹת? וְהָכְתִיב: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים תְּשַׁלְּחוּ אִישׁ אֶת אָחִיו הָעִבְרִי אֲשֶׁר יִמָּכֵר לְךָ״!
La Guemara poursuit : et nous avons discuté de ce verset — pourquoi dit-il : « Au terme de sept ans, vous affranchirez chacun » ? Mais n'est-il pas écrit dans le même verset : « Et qui vous aura servi six ans » ? Et Rav Naḥman bar Yitshak dit : le verset vise deux personnes distinctes. L'expression « et qui vous aura servi six ans » concerne l'esclave hébreu ordinaire qui a été vendu et qui est libéré au bout de six ans (voir Shemot 21, 2) ; et l'expression « au terme de sept ans » concerne l'esclave dont l'oreille a été percée au poinçon pour prolonger son servage. Un tel individu demeure esclave jusqu'à l'année du Yovel, même si c'est l'année suivante — c'est-à-dire la fin de la septième année. Si tel est le cas, le verset indique que l'année du Yovel était en vigueur du temps de Yirmiyahu, bien que les tribus de Reuven, de Gad et la moitié de la tribu de Manassé eussent été exilées.
וְהָוֵינַן בְּהוּ: ״מִקֵּץ שֶׁבַע שָׁנִים״? וְהָכְתִיב: ״וַעֲבָדְךָ שֵׁשׁ שָׁנִים״! וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: שֵׁשׁ לַנִּמְכָּר, וְשֶׁבַע לַנִּרְצָע.
La Guemara répond : ce verset n'a pas été énoncé par Yirmiyahu sous forme de commandement ; il est plutôt écrit sous forme de reproche. C'est-à-dire que le prophète Yirmiyahu dit au peuple juif : avez-vous affranchi les esclaves percés lorsque l'année du Yovel était observée ? La Guemara demande : mais n'est-il pas écrit là : « Et ils écoutèrent et les affranchirent » (Yirmiyahu 34, 10) ? Il est donc évident que tout le passage se rapporte à des événements du présent.
הָהוּא בְּתוֹכָחָה כְּתִיב, וְקָאָמַר נָבִיא: הֲשִׁלַּחְתֶּם? וְהָכְתִיב: ״וַיִּשְׁמְעוּ וַיְשַׁלֵּחוּ״!
Plutôt, Rabbi Yoḥanan dit : en effet, l'année du Yovel n'était plus en vigueur une fois que les tribus de Reuven, de Gad et la moitié de la tribu de Manassé furent exilées. Mais Yirmiyahu ramena toutes les tribus exilées, et Yoshiyahu, fils d'Amon, régna sur elles. Et d'où déduisons-nous que Yirmiyahu les ramena ? Comme il est écrit : « Car le vendeur ne retournera pas à ce qu'il a vendu » (Yeḥezqel 7, 13). Yeḥezqel prophétisa qu'il viendrait un temps où les champs ne seraient pas rendus aux propriétaires à l'année du Yovel. Or, est-il possible que l'année du Yovel eût déjà été annulée et que le prophète prophétise encore qu'elle sera annulée à l'avenir ? Plutôt, cela enseigne que Yirmiyahu ramena les tribus exilées.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יִרְמְיָה הֶחְזִירָן, וְיֹאשִׁיָּה בֶּן אָמוֹן מָלַךְ עֲלֵיהֶן. וּמְנָא לַן דַּהֲדוּר? דִּכְתִיב: ״כִּי הַמּוֹכֵר אֶל הַמִּמְכָּר לֹא יָשׁוּב״. אֶפְשָׁר יוֹבֵל בָּטֵל, וְנָבִיא מִתְנַבֵּא עָלָיו שֶׁיִּבְטַל? אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁהֶחְזִירָן יִרְמְיָה.
Et d'où déduisons-nous que Yoshiyahu régna sur les dix tribus exilées par Assyrie ? Comme il est écrit : « Et Yoshiyahu se tourna, et il vit les sépulcres… alors il dit : Qu'est-ce que ce monument que je vois ? Et les hommes de la ville lui dirent : C'est le tombeau de l'homme de D.ieu qui vint de Juda et qui proclama ces choses que tu as faites contre l'autel de Bethel » (II Melakhim 23, 16-17).
וּמְנָלַן דְּיֹאשִׁיָּה מָלַךְ עֲלֵיהֶן? דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר מָה הַצִּיּוּן הַלָּז אֲשֶׁר אֲנִי רוֹאֶה, וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו אַנְשֵׁי הָעִיר הַקֶּבֶר אִישׁ הָאֱלֹהִים אֲשֶׁר בָּא מִיהוּדָה וַיִּקְרָא אֶת הַדְּבָרִים עַל הַמִּזְבֵּחַ בֵּית אֵל״.
Or, quel rapport Yoshiyahu, roi de Juda, a-t-il avec l'autel de Bethel, ville du royaume d'Israël ? Plutôt, cela indique que lorsque Yirmiyahu ramena les dix tribus, Yoshiyahu régna sur elles. Rav Naḥman bar Yitshaq dit : le fait que les tribus soient revenues peut se déduire d'ici : « Aussi, ô Juda, une moisson t'est fixée, quand Je ramènerai la captivité de Mon peuple » (Hoshea 6, 11). C'est-à-dire que lorsque les dix tribus reviendront de leur captivité, un roi de Juda régnera sur elles.
וְכִי מָה טִיבוֹ שֶׁל יֹאשִׁיָּהוּ בְּבֵית אֵל? אֶלָּא כְּשֶׁהֶחְזִירָן יִרְמְיָהוּ, יֹאשִׁיָּהוּ מָלַךְ עֲלֵיהֶם. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא: ״גַּם יְהוּדָה שָׁת קָצִיר לָךְ בְּשׁוּבִי שְׁבוּת עַמִּי״.
MICHNA : Au sujet des maisons des cours ouvertes mentionnées dans la Torah (voir Vayikra 25, 31) — c'est-à-dire les maisons dans des villages non entourés de murailles — on leur accorde à la fois les dispositions particulières qui s'appliquent aux maisons de villes fortifiées et celles qui s'appliquent aux champs. Elles peuvent donc être rachetées immédiatement et pendant les douze mois entiers qui suivent la vente, comme pour les maisons de villes fortifiées, et non comme les champs, qu'on ne peut racheter qu'au bout de deux ans. Et elles quittent la possession de l'acheteur à l'année du Yovel ou moyennant un paiement par année déduit du prix de vente, comme pour les champs. En revanche, les maisons de villes fortifiées deviennent la propriété perpétuelle de l'acheteur après un an, et si elles sont rachetées dans l'année, on paie le prix de vente intégral.
מַתְנִי׳ בָּתֵּי הַחֲצֵרִים נוֹתְנִין לָהֶם כֹּחַ יָפֶה שֶׁבְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה וְכֹחַ יָפֶה שֶׁבַּשָּׂדוֹת, וְנִגְאָלִין מִיָּד וְכׇל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ כְּבָתִּים, וְיוֹצְאִין בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף כְּשָׂדוֹת.
GUEMARA : Les Sages ont enseigné : le verset dit : « Mais les maisons des cours qui n'ont pas de muraille tout autour seront comptées avec les champs du pays ; elles pourront être rachetées, et elles sortiront au Yovel » (Vayikra 25, 31). Le verset rapproche les maisons des cours ouvertes d'un champ ancestral : tout comme un champ ancestral quitte la possession de l'acheteur à l'année du Yovel ou moyennant un paiement par année déduit du prix de vente, de même les maisons des cours ouvertes quittent la possession de l'acheteur à l'année du Yovel ou moyennant un paiement par année déduit du prix de vente.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״עַל שְׂדֵה הָאָרֶץ יֵחָשֵׁב״ — הִקִּישׁוֹ הַכָּתוּב לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה, מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה יוֹצֵא בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף, אַף בָּתֵּי הַחֲצֵרִים יוֹצְאִין בַּיּוֹבֵל וּבְגִרְעוֹן כֶּסֶף.
La baraïta poursuit : si l'on déduit la halakha d'un champ ancestral, alors — tout comme un champ ancestral ne peut être racheté avant deux ans après sa vente — les maisons des cours ouvertes ne pourraient pas être rachetées avant deux ans après leur vente. C'est pourquoi le verset dit : « Elles pourront être rachetées », indiquant qu'elles peuvent être rachetées immédiatement. La baraïta poursuit : puisque tu as accordé aux maisons des cours ouvertes à la fois les dispositions particulières qui s'appliquent aux champs et celles qui s'appliquent aux maisons de villes fortifiées, on aurait pu penser qu'elles ne quittent pas la possession de l'acheteur à l'année du Yovel. C'est pourquoi le verset dit : « Et elles sortiront au Yovel ».
אִי מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה אֵינָהּ נִגְאֶלֶת בְּפָחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, אַף בָּתֵּי הַחֲצֵרִים אֵינָם נִגְאָלִים פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״גְּאוּלָּה תִּהְיֶה לוֹ״ — מִיָּד. הוֹאִיל וְנָתַתָּ לָהֶם כֹּחַ יָפֶה שֶׁבַּשָּׂדוֹת וְכֹחַ יָפֶה שֶׁבַּבָּתִּים, יָכוֹל לֹא יֵצְאוּ בַּיּוֹבֵל? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וּבַיּוֹבֵל יֵצֵא״.
La Guemara demande : que veut dire le tanna dans la dernière clause — pourquoi aurait-on pu penser que de telles maisons ne quittent pas la possession de l'acheteur à l'année du Yovel ? Après tout, les champs ancestraux quittent la possession de l'acheteur au Yovel, et le tanna enseigne que les dispositions particulières d'un champ ancestral s'appliquent aux maisons des cours ouvertes. Rav Houna dit : le verset n'est nécessaire que pour le cas de celui qui consacre une maison parmi les maisons des cours ouvertes, qu'un autre rachète de la possession du Trésor du Temple, et que l'année du Yovel arrive la deuxième année après ce rachat.
מַאי קָאָמַר? אָמַר רַב הוּנָא: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לְמַקְדִּישׁ בַּיִת בְּבָתֵּי הַחֲצֵרִים, וּגְאָלוֹ אַחֵר מִיַּד הֶקְדֵּשׁ, וּפָגַע בּוֹ יוֹבֵל בְּשָׁנָה שְׁנִיָּה.
Rav Houna précise : à quoi compareras-tu ce cas ? Si tu le compares aux maisons de villes fortifiées qui ont été consacrées puis rachetées par un autre, alors la maison appartient à l'acheteur en perpétuité à la fin de la première année (voir 31b). Et si tu le compares à un champ ancestral qui a été consacré puis racheté par un autre, il passe à la possession des Cohanim à l'année du Yovel (voir 25a). C'est pour cette raison qu'il a fallu que le verset dise : « Et elles sortiront au Yovel », pour enseigner que les maisons des cours ouvertes qui ont été consacrées puis rachetées par un autre sont rendues à leurs propriétaires à l'année du Yovel.
לְמַאי מְדַמֵּית לֵיהּ? אִי לְבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה מְדַמֵּית לֵיהּ — אִיחֲלֵיט לֵיהּ לְלוֹקֵחַ, אִי לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה מְדַמֵּית — לְכֹהֲנִים נָפְקָא, לְהָכִי אִצְטְרִיךְ ״וּבְיֹבֵל יֵצֵא״.
Arachin 33a
100%
ערכין ל״ג אמַסֶּכֶת עֲרָכִין