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Traité Arachin

32a

Étude de Arachin 32a

Étude de la Guémara 32a

Guémara
La Guemara développe : du fait qu'il a fallu à Hillel instituer que donner contre la volonté du bénéficiaire est considéré comme un don valide — dans le cas des maisons des villes murées —, on peut déduire qu'en règle générale, donner contre la volonté du destinataire n'est pas considéré comme un don.
מִדְּאִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְהִלֵּל לְתַקּוֹנֵי נְתִינָה בְּעַל כׇּרְחוֹ הָוְיָא נְתִינָה, הָא בְּעָלְמָא נְתִינָה בְּעַל כׇּרְחוֹ לָא הָוְיָא נְתִינָה.
Rav Pappa objecte à cela — et certains disent que c'est Rav Ashi qui objecte : mais peut-être, lorsqu'il a fallu à Hillel instituer cette ordonnance, c'était spécifiquement pour un cas où le vendeur remet l'argent en l'absence de l'acheteur ; mais s'il le rembourse en sa présence, que le bénéficiaire y consente ou non, il s'agit d'un acte de don valide !
מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא, וְאִיתֵּימָא רַב אָשֵׁי: וְדִילְמָא כִּי אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ לְהִלֵּל לְתַקּוֹנֵי שֶׁלֹּא בְּפָנָיו, אֲבָל בְּפָנָיו — בֵּין מִדַּעְתּוֹ בֵּין בְּעַל כׇּרְחוֹ הָוְיָא מַתָּנָה!
Il y en a qui rapportent une version inverse de cette discussion : Rava dit qu'on peut déduire de l'ordonnance de Hillel que si l'on dit à sa femme : « Voici ton acte de divorce à condition que tu me donnes deux cents zouz », et qu'elle le lui a donné — que ce soit avec son consentement ou contre sa volonté —, il s'agit d'un acte de don valide. Et c'est parce que, lorsqu'il a fallu à Hillel instituer cette ordonnance, c'était spécifiquement pour un cas où le vendeur remet l'argent en l'absence de l'acheteur ; mais s'il le rembourse en sa présence, que l'acheteur y consente ou non, il s'agit d'un acte de don valide.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רָבָא: מִתַּקָּנָתוֹ שֶׁל הִלֵּל — ״הֲרֵי זֶה גִּיטִּיךְ עַל מְנָת שֶׁתִּתְּנִי לִי מָאתַיִם זוּז״, וּנְתָנָהּ לוֹ, בֵּין מִדַּעְתּוֹ בֵּין בְּעַל כׇּרְחוֹ — הָוְיָא נְתִינָה. וְכִי אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְהִלֵּל לְתַקּוֹנֵי — שֶׁלֹּא בְּפָנָיו, אֲבָל בְּפָנָיו — בֵּין מִדַּעְתּוֹ בֵּין בְּעַל כׇּרְחוֹ הָוְיָא נְתִינָה.
Rav Pappa objecte à cela — et certains disent que c'est Rav Shimi bar Ashi qui objecte : mais peut-être, qu'elle lui donne l'argent en sa présence ou non en sa présence — si elle le donne avec son consentement, oui, c'est valide ; mais si elle le donne contre sa volonté, ce n'est pas un acte de don valide. Et Hillel a institué ce qui était nécessaire pour remédier au fait que les acheteurs se cachaient à la fin de l'année !
מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא, וְאִיתֵּימָא רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: וְדִילְמָא בֵּין בְּפָנָיו בֵּין שֶׁלֹּא בְּפָנָיו, מִדַּעְתּוֹ — אִין, בְּעַל כׇּרְחוֹ — לָא, וְהִלֵּל מַאי דְּאִיצְטְרִיךְ לֵיהּ תַּקֵּין!
MICHNA : Le statut halakhique de toute zone située à l'intérieur de l'enceinte de la ville est comme celui des maisons des villes murées en ce qui concerne le rachat, à l'exception des champs qui s'y trouvent. Rabbi Meir dit : même les champs sont inclus dans cette catégorie. En ce qui concerne une maison construite dans le mur lui-même, Rabbi Yehouda dit : son statut n'est pas comme celui des maisons des villes murées. Rabbi Shimon dit : le mur extérieur de la maison est considéré comme l'enceinte de la ville, et elle a donc le statut d'une maison dans une ville murée.
מַתְנִי׳ כׇּל שֶׁהוּא לִפְנִים מִן הַחוֹמָה — הֲרֵי הוּא כְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה, חוּץ מִן הַשָּׂדוֹת. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף הַשָּׂדוֹת. בַּיִת הַבָּנוּי בַּחוֹמָה — רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ כְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כּוֹתֶל הַחִיצוֹן הִיא חוֹמָתוֹ.
GUEMARA : Les Sages ont enseigné : le verset déclare : « Alors la maison qui est dans la ville murée demeurera à perpétuité à celui qui l'a achetée » (Vayikra 25, 30). Je n'ai dérivé que la halakha concernant une maison ; d'où déduit-on d'inclure les pressoirs à huile, les bains, les tours, les colombiers, les puits, les fossés et les grottes ? Le verset dit : « Qui est dans la ville murée », indiquant que tout ce qui se trouve dans la ville est inclus. On pourrait alors penser que l'on devrait inclure même les champs situés à l'intérieur de la ville. Le verset dit donc : « Maison », ce qui exclut un champ — il ne ressemble en rien à une maison, car il ne contient aucun élément bâti. C'est l'avis de Rabbi Yehouda.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בַּיִת — אֵין לִי אֶלָּא בַּיִת, מִנַּיִן לְרַבּוֹת בָּתֵּי בַדִּים וּבָתֵּי מֶרְחֲצָאוֹת וּמִגְדָּלוֹת וְשׁוֹבָכִין וּבוֹרוֹת וְשִׁיחִין וּמְעָרוֹת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר בָּעִיר״. יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף הַשָּׂדוֹת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיִת״, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Rabbi Meir dit : le verset déclare : « Maison ». Je n'ai dérivé qu'une maison ; d'où déduit-on d'inclure les pressoirs à huile, les bains, les tours, les colombiers, les puits, les fossés et les grottes, et même les champs ? Le verset dit : « Qui est dans la ville murée », pour inclure tout ce qui se trouve à l'intérieur de la ville.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נֶאֱמַר ״בַּיִת״ — אֵין לִי אֶלָּא בַּיִת, מִנַּיִן לְרַבּוֹת בָּתֵּי בַדִּים וּבָתֵּי מֶרְחֲצָאוֹת, וּמִגְדָּלוֹת וְשׁוֹבָכִין, וּבוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת, וַאֲפִילּוּ שָׂדוֹת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר בָּעִיר״.
La Guemara questionne l'avis de Rabbi Meir : mais n'est-il pas écrit : « Maison » ? Si Rabbi Meir inclut même un champ, qu'exclut le mot « maison » ? Rav Hisda dit, au nom de Rav Ketina : en réalité, tous conviennent que le terme « maison » sert à exclure un champ. La différence d'opinion entre Rabbi Meir et Rabbi Yehouda porte sur une carrière et un gisement de sable. Selon Rabbi Meir, de tels espaces sont considérés comme semblables à des maisons et sont donc inclus dans la halakha. La Guemara ajoute : il est également enseigné dans une baraïta : en ce qui concerne une carrière et un gisement de sable à l'intérieur des murs d'une ville, Rabbi Meir dit qu'ils sont considérés comme des maisons ; Rabbi Yehouda dit qu'ils sont considérés comme des champs.
וְאֶלָּא הָא כְּתִיב ״בַּיִת״! אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַב קַטִּינָא: חוֹלְסִית וּמְצוּלָה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, וְהָתַנְיָא: חוֹלְסִית וּמְצוּלָה, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּבָתִּים, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּשָׂדוֹת.
§ La Michna enseigne : en ce qui concerne une maison construite dans le mur lui-même, Rabbi Yehouda dit que son statut n'est pas comme celui des maisons des villes murées ; Rabbi Shimon dit que le mur extérieur de la maison est considéré comme l'enceinte de la ville. Rabbi Yohanan dit : tous deux ont dérivé leurs opinions d'un seul verset : « Alors elle les fit descendre avec une corde par la fenêtre, car sa maison était sur le côté du mur, et elle habitait sur le mur » (Yehoshoua 2, 15). Rabbi Shimon comprend la dernière phrase selon le sens simple du verset — sa maison était adossée au mur extérieur et était considérée comme à l'intérieur de la ville murée. Rabbi Yehouda comprend « elle habitait sur le mur » au sens où elle était résidente du mur lui-même, mais non résidente de la ville enfermée dans le mur.
בַּיִת הַבָּנוּי בַּחוֹמָה, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ כְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ, ״וַתּוֹרִידֵם בַּחֶבֶל בְּעַד הַחַלּוֹן כִּי בֵיתָהּ בְּקִיר הַחוֹמָה וּבַחוֹמָה הִיא יוֹשָׁבֶת״. רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר כִּפְשָׁטֵיהּ דִּקְרָא, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: ״בַּחוֹמָה הִיא יוֹשָׁבֶת״ וְלֹא בְּעִיר חוֹמָה.
MICHNA : Le statut d'une maison dans une ville dont les maisons sont contiguës et dont les toits constituent le sommet de l'enceinte, ainsi que celui d'une maison dans une ville qui n'est pas entourée d'un mur depuis l'époque de Yehoshoua ben Noun — même si une enceinte fut construite ultérieurement —, n'est pas comme celui des maisons des villes murées. Et voici les maisons des villes murées : toute ville comportant au moins trois cours, chacune contenant deux maisons, et entourée d'un mur depuis l'époque de Yehoshoua ben Noun — par exemple l'ancien fort (katzra) de Tsippori, la forteresse (khakra) de Gush Halav, l'ancienne Yodfat, Gamla, Gedod, Hadid, Ono, Jérusalem, et d'autres villes similaires.
מַתְנִי׳ עִיר שֶׁגַּגּוֹתֶיהָ חוֹמָתָהּ, וְשֶׁאֵינָהּ מוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, אֵינָהּ כְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה. וְאֵלּוּ הֵן בָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה: שָׁלֹשׁ חֲצֵרוֹת שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים, מוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, כְּגוֹן קַצְרָה הַיְּשָׁנָה שֶׁל צִיפּוֹרִי, וְחַקְרָה שֶׁל גּוּשׁ חָלָב, וְיוֹדְפַת הַיְּשָׁנָה, וְגַמְלָא, וּגְדוֹד, וְחָדִיד, וְאוֹנוֹ, וִירוּשָׁלַיִם, וְכֵן כְּיוֹצֵא בָּהֶן.
GUEMARA : En ce qui concerne l'énoncé de la Michna selon lequel le statut d'une maison dans une ville dont les toits constituent le sommet de l'enceinte n'est pas comme celui des maisons des villes murées, les Sages ont enseigné : lorsque le verset dit : « La maison qui est dans la ville qui a un mur » (Vayikra 25, 30), il s'agit spécifiquement d'une ville ayant un véritable mur et non seulement un mur de toits. Lorsque le verset suivant dit : « Mais les maisons des villages qui n'ont pas de mur tout autour d'eux seront comptées avec les champs du pays » (Vayikra 25, 31), cela sert à exclure Tibériade du statut de ville murée, la mer constituant son mur d'un côté et la ville n'étant pas entièrement ceinturée d'un mur physique.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״חוֹמָה״ — וְלֹא שׁוּר אִיגָּר, ״סָבִיב״ — פְּרָט לִטְבֶרְיָה שֶׁיַּמָּהּ חוֹמָתָהּ.
Rabbi Eliezer bar Yossei dit : puisque le verset déclare : « Qui n'a pas [lo] de mur » — lo pouvant s'écrire avec un aleph et se lire aussi « qui a un mur » —, cela indique que même si une ville n'a pas de mur maintenant, mais qu'elle en avait un auparavant, à l'époque de Yehoshoua ben Noun, elle conserve son statut de ville murée.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּר יוֹסֵי אוֹמֵר: ״אֲשֶׁר לוֹא חוֹמָה״ — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹ עַכְשָׁיו וְהָיָה לוֹ קוֹדֶם לָכֵן.
Arachin 32a
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ערכין ל״ב אמַסֶּכֶת עֲרָכִין