Mishna 1
MICHNA : Tout le monde fait des vœux de valorisation [ma'arikh — s'engager à verser l'érakh, la valeur fixée par la Torah (voir Vayikra 27, 3-7) selon l'âge et le sexe de la personne évaluée] et est ainsi tenu de payer au Trésor du Temple ; de même, tout le monde peut être évalué [ne'érakh], de sorte que celui qui a voué donner sa valeur fixe est tenu de payer ; de même, tout le monde fait des vœux d'évaluation marchande [noder — « les damim [la valeur marchande] de untel sur moi »] et est tenu de payer ; et tout le monde peut être l'objet d'un tel vœu si d'autres se sont engagés à donner son évaluation. Cela comprend les cohanim, les léviim et les Israélites, les femmes et les esclaves cananéens.
מַתְנִי׳ הַכֹּל מַעֲרִיכִין, וְנֶעֱרָכִין, נוֹדְרִין וְנִידָּרִין — כֹּהֲנִים, לֹוִים וְיִשְׂרְאֵלִים, נָשִׁים וַעֲבָדִים.(משנה)
Un tumtum [personne dont les organes sexuels sont dissimulés] et un androgynos [hermaphrodite] peuvent faire des vœux et en être l'objet, et peuvent faire des vœux de valorisation, mais ils ne peuvent pas être évalués [ne'érakh]. Par conséquent, si l'on dit à propos d'un tumtum : « L'érakh de untel est à ma charge pour le Trésor du Temple », on n'est tenu de rien payer, car seuls un mâle certain et une femme certaine peuvent être évalués.
טוּמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס, נוֹדְרִין וְנִידָּרִין וּמַעֲרִיכִין, אֲבָל לֹא נֶעֱרָכִין, שֶׁאֵינוֹ נֶעֱרָךְ אֶלָּא הַזָּכָר וַדַּאי וּנְקֵבָה וַדָּאִית.
Un sourd-muet [cheresh], un imbécile [chotéh] et un mineur [katan] peuvent être l'objet d'un vœu et être évalués, mais ils ne font ni vœu d'évaluation marchande ni vœu de valorisation, parce qu'ils n'ont pas la présomption de discernement [da'at] requise pour s'engager.
חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן נִידָּרִין וְנֶעֱרָכִין, אֲבָל לֹא נוֹדְרִין וְלֹא מַעֲרִיכִין, מִפְּנֵי שֶׁאֵין בָּהֶם דַּעַת.
Guémara
GUEMARA : Que vient ajouter l'expression mishnaïque : « Tout le monde [ha-kol] fait des vœux de valorisation » ? Lorsqu'une Michna énonce un principe général, c'est pour inclure un cas particulier qu'elle ne mentionne pas explicitement. Quel cas est inclus ici ? La Michna vise à ajouter le mineur discriminant proche de la majorité [mufla samoukh le'ish], c'est-à-dire durant l'année qui précède sa majorité.
גְּמָ׳ ״הַכֹּל מַעֲרִיכִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי מוּפְלָא סָמוּךְ לְאִישׁ.
La Guemara demande de même : que vient ajouter : « et tout le monde peut être évalué » ? Réponse : la Michna inclut un homme répugnant et un homme atteint d'ulcères [moukheh she'hin], qui n'ont aucune valeur marchande.
״נֶעֱרָכִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי מְנוָּּול וּמוּכֵּה שְׁחִין.
La Guemara explique pourquoi cette inclusion est nécessaire : on pourrait penser que, puisqu'il est écrit : « Un vœu de personnes à l'Éternel, selon ton évaluation [neder be'erkhekha] » (Vayikra 27, 2), qui rapproche celui qui est évalué de celui qui est l'objet d'un vœu, quiconque entre dans la catégorie des damim [évaluations marchandes] entre aussi dans celle des érakhin [valorisations]. Mais quiconque n'entre pas dans les damim n'entre pas non plus dans les érakhin. Or ces personnes — l'homme répugnant et celui atteint d'ulcères — ne sont pas assujetties à l'évaluation marchande, puisqu'elles n'ont pas de valeur sur le marché ; peut-être ne le sont-elles pas non plus à la valorisation.
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״נֶדֶר בְּעֶרְכְּךָ״ כְּתִיב, כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּדָמִים — יֶשְׁנוֹ בַּעֲרָכִין, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ בְּדָמִים — אֵינוֹ בַּעֲרָכִין.
C'est pourquoi la Michna nous enseigne que ces personnes aussi sont assujetties à la valorisation, car le même verset dit aussi : « Des personnes [nefashot] » — quiconque possède la moindre vie [nefesh] est assujetti à la valorisation.
קָא מַשְׁמַע לַן ״נְפָשֹׁת״, כָּל דְּהוּ.
La Guemara poursuit : que vient ajouter : « Tout le monde fait des vœux d'évaluation marchande » ? En réalité, cette clause n'est pas nécessaire en soi ; elle figure parce que la suite — « et tout le monde peut être l'objet d'un vœu » — était nécessaire.
״נוֹדְרִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? נִידָּרִין אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ.
La Guemara demande : que vient donc ajouter : « et tout le monde peut être l'objet d'un vœu » ? Si l'on suggérait que cela inclut le tumtum et l'androgynos, cela ne peut être : ils sont enseignés explicitement dans la Michna elle-même. Et si l'on suggérait que cela inclut le sourd-muet, l'imbécile et le mineur, eux aussi sont enseignés explicitement dans la Michna !
״נִידָּרִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? אִי לְאֵתוֹיֵי טוּמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ! וְאִי לְאֵתוֹיֵי חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן — בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ!
Si l'on disait que cela inclut un enfant de moins d'un mois, qui n'est pas assujetti à la valorisation mais l'est à l'évaluation marchande, cela aussi est enseigné explicitement dans une Michna (5a). Et si l'on disait que cela inclut un païen [nokhri], cela aussi est enseigné explicitement dans une Michna (5b). Réponse : en réalité, la phrase « et tout le monde peut être l'objet d'un vœu » vise à inclure l'enfant de moins d'un mois ; la Michna enseigne d'abord la règle en termes généraux, puis l'explique en détail plus loin.
אִי לְאֵתוֹיֵי פָּחוֹת מִבֶּן חוֹדֶשׁ, בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ! וְאִי לְאֵתוֹיֵי נָכְרִי, בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לְהוּ! לְעוֹלָם לְאֵתוֹיֵי פָּחוֹת מִבֶּן חוֹדֶשׁ, וְתָנֵי וַהֲדַר מְפָרֵשׁ.
§ La Guemara s'interroge sur d'autres expressions générales dans d'autres michnayot. Que vient ajouter la Michna (Menahot 93a) : « Tout le monde qui apporte une offrande pose les mains sur la tête de l'animal » ? Réponse : cela inclut l'héritier qui pose les mains sur l'offrande du défunt ; et la Michna n'est pas selon l'avis de Rabbi Yehouda, qui tient qu'un héritier ne pose pas les mains sur une offrande héritée.
״הַכֹּל סוֹמְכִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי יוֹרֵשׁ, וּדְלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara demande : que vient ajouter la règle de la Michna (Temura 2a) : « Tout le monde substitue un animal profane à un animal consacré » ? Réponse : ici aussi, la Michna inclut l'héritier qui substitue un animal profane à l'animal consacré de son père — l'animal profane devient lui aussi sanctifié. Et cette Michna n'est pas non plus selon Rabbi Yehouda, qui tient qu'un héritier ne peut pas effectuer de substitution.
״הַכֹּל מְמִירִין״ — לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי יוֹרֵשׁ, וּדְלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה.