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Traité Arachin

29a

Étude de Arachin 29a

Étude de la Guémara 29a

Guémara
GUEMARA : Les Sages ont enseigné : les dédicaces de biens pour les Cohanim [ḥerem lekohanim] n'ont pas de rachat, et on donne le bien au Cohen. En ce qui concerne ces dédicaces, tant qu'elles demeurent dans la maison du propriétaire, elles sont considérées comme des biens consacrés [hekdesh] à tous égards, comme il est dit : « Tout objet dédié est saint des saints pour l'Éternel » (Vayikra 27, 28). Une fois que le propriétaire les a remis au Cohen, elles sont à tous égards comme des biens profanes [ḥol], comme il est dit : « Tout ce qui est dédié en Israël sera à toi » (Bamidbar 18, 14) — c'est-à-dire comme tout autre bien ordinaire appartenant à un Cohen, qui est profane.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: חֶרְמֵי כֹהֲנִים אֵין לָהֶן פִּדְיוֹן וְנִותָּנִין לַכֹּהֵן. חֲרָמִים כׇּל זְמַן שֶׁהֵן בְּבֵית בְּעָלִים הֲרֵי הֵן כְּהֶקְדֵּשׁ לְכׇל דִּבְרֵיהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל חֵרֶם בְּיִשְׂרָאֵל קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא לַה׳״. נְתָנָן לְכֹהֵן — הֲרֵי הֵן לְכׇל דִּבְרֵיהֶן כְּחוּלִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל חֵרֶם בְּיִשְׂרָאֵל לְךָ יִהְיֶה״.
§ La Michna enseigne : Rabbi Yehouda ben Beteira dit que les dédicaces faites sans précision de destination sont affectées à l'entretien du Temple [Bedek haBayit], comme il est dit : « Tout objet dédié est saint des saints pour l'Éternel » (Vayikra 27, 28). Et les Rabbins disent qu'elles sont affectées aux Cohanim, comme il est dit : « Comme un champ dédié ; sa possession sera au Cohen » (Vayikra 27, 21), tandis que le verset cité par Rabbi Yehouda ben Beteira enseigne que la dédicace prend effet sur les offrandes du sanctuaire suprême et les offrandes de sainteté inférieure. La Guemara demande : il est clair l'avis des Rabbins, car ils expliquent leur raison et la raison de Rabbi Yehouda ben Beteira — c'est-à-dire qu'ils interprètent le verset qu'il cite comme sa preuve. Mais pour Rabbi Yehouda ben Beteira, ce verset : « Comme un champ dédié ; sa possession sera au Cohen » — qu'en fait-il, c'est-à-dire qu'en déduit-il ?
רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר: סְתַם חֲרָמִים לְבֶדֶק הַבַּיִת כּוּ׳. בִּשְׁלָמָא רַבָּנַן כִּדְקָא מְפָרְשִׁי טַעְמַיְיהוּ וְטַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, אֶלָּא רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא הַאי ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ?
La Guemara répond : le verset lui est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraïta qui traite du cas de celui qui a consacré son champ ancestral et ne l'a pas racheté — ce champ devient la possession des Cohanim à l'année du Yovel. La baraïta enseigne : pourquoi le verset doit-il dire à sa fin : « Comme un champ dédié ; sa possession sera au Cohen » ? La baraïta explique : d'où déduit-on qu'un Cohen qui a consacré son champ dédié — c'est-à-dire un champ qu'un Israélite avait dédié, qui lui avait été donné et qu'il a ensuite consacré — et que l'année du Yovel est ensuite arrivée, ne peut pas dire : puisqu'un champ que ses propriétaires ont consacré et n'ont pas racheté sort de la possession du propriétaire et passe à celle des Cohanim au Yovel, et que ce champ que j'ai consacré est déjà en ma possession, il est donc à moi ?
מִיבַּעְיָא לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחֻזָּתוֹ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁהִקְדִּישׁ שְׂדֵה חֶרְמוֹ, שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְיוֹצְאָה לַכֹּהֲנִים, וַהֲרֵי הִיא תַּחַת יָדִי — תְּהֵא שֶׁלִּי?
La baraïta ajoute : et cette revendication du Cohen repose sur une inférence logique : si j'acquiers les champs d'autrui qui ont été consacrés et non rachetés au Yovel, alors pour ma propre propriété, n'est-il pas d'autant plus évident que je devrais l'acquérir ? C'est pourquoi le verset dit, au sujet d'un champ ancestral qu'on a consacré : « Comme un champ dédié ; sa possession sera au Cohen », ce qui enseigne que ce Cohen n'acquiert pas le champ.
וְדִין הוּא: בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה, בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כׇּל שֶׁכֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּשְׂדֵה הַחֵרֶם לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחֻזָּתוֹ״.
La baraïta explique la dérivation : mais qu'avons-nous maintenant appris sur un champ ancestral consacré à partir d'un champ dédié ? En d'autres termes, le verset, qui traite d'un champ ancestral, dit qu'un champ ancestral est comme un champ dédié, mais il n'énonce pas explicitement la halakha des champs dédiés. Plutôt, ce cas d'un champ dédié vient enseigner une halakha sur un champ ancestral, mais se trouve dériver une halakha de ce cas — c'est-à-dire que le verset rapproche un champ dédié d'un Cohen du champ ancestral d'un Israélite.
וְכִי מָה לָמַדְנוּ מִשְּׂדֵה חֵרֶם מֵעַתָּה? הֲרֵי זֶה בָּא לְלַמֵּד וְנִמְצָא לָמֵד: מַקִּישׁ שְׂדֵה חֶרְמוֹ לִשְׂדֵה אֲחוּזָּה שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
La baraïta précise comment la halakha est dérivée du rapprochement : tout comme le champ ancestral d'un Israélite, qui avait été racheté par un Cohen du Trésor du Temple, sort de sa possession à l'arrivée du Yovel et est partagé entre tous les Cohanim de la garde sacerdotale [mishmar] qui sert au début du Yovel (voir 25b), de même le champ dédié d'un Cohen qui est resté en sa possession sort de sa possession et est partagé entre ses frères, les Cohanim de la garde sacerdotale qui sert au début du Yovel.
מָה שְׂדֵה אֲחוּזָּה שֶׁל יִשְׂרָאֵל, יוֹצְאָה מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֶּקֶת לַכֹּהֲנִים, אַף שָׂדֶה חֶרְמוֹ, יוֹצְאָה מִתַּחַת יָדוֹ, וּמִתְחַלֶּקֶת לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים.
La Guemara demande : et l'autre, c'est-à-dire les Rabbins, d'où tirent-ils cette halakha ? La Guemara répond : ils la dérivent d'un terme superflu dans le verset, car il aurait pu dire simplement : dédié [ḥerem], d'où l'on aurait déduit que les dédicaces non précisées sont affectées aux Cohanim. Or le verset dit en réalité : « Haḥerem », avec l'article défini, et les deux halakhot sont donc dérivées de ce verset. La Guemara note : et quant à l'autre, Rabbi Yehouda ben Beteira, il ne tire rien de la différence entre ḥerem et haḥerem. Il déduit donc d'ici uniquement que si un Cohen a consacré son champ dédié, il est retiré de sa possession.
וְאִידָּךְ? מֵ״חֵרֶם״ ״הַחֵרֶם״. וְאִידַּךְ, ״חֵרֶם״ ״הַחֵרֶם״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ.
La Guemara demande : et Rabbi Yehouda ben Beteira, d'où déduit-il qu'une dédicace prend effet sur les offrandes du sanctuaire suprême et les offrandes de sainteté inférieure — ce que les Rabbins apprennent du verset : « Tout objet dédié est saint des saints pour l'Éternel » (Vayikra 27, 28) ? La Guemara répond : il se range à l'avis de Rabbi Yishmaël, qui dérive cette halakha d'une autre source, comme expliqué dans la Michna ci-dessous.
וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, דְּחָל עַל קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים וְעַל קָדָשִׁים קַלִּים, מְנָא לֵיהּ? סָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
§ Rav dit : la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda ben Beteira, selon lequel les dédicaces non précisées de biens sont affectées à l'entretien du Temple. La Guemara demande : et Rav abandonnerait-il l'avis majoritaire des Rabbins pour agir conformément à l'avis individuel de Rabbi Yehouda ben Beteira ? La Guemara répond : cette dispute est enseignée dans une baraïta en sens inverse — c'est-à-dire que ce sont les Rabbins qui tiennent que les dédicaces non précisées sont affectées à l'entretien du Temple. La Guemara demande encore : Rav abandonnerait-il une Michna pour agir conformément à une baraïta ? La Guemara répond : Rav enseigne aussi la Michna en sens inverse, conformément à la baraïta.
אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא, וְרַב שָׁבֵיק רַבָּנַן וְעָבֵיד כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא? בָּרַיְיתָא אִיפְּכָא תַּנְיָא, שָׁבֵיק מַתְנִיתִין וְעָבֵיד כְּבָרַיְיתָא? רַב מַתְנִיתִין נָמֵי אִיפְּכָא תָּנֵי.
La Guemara demande : qu'as-tu vu pour inverser les opinions dans la Michna à cause de la baraïta ? Inversons plutôt les opinions dans la baraïta à cause de la Michna ! La Guemara répond : Rav a appris par tradition de ses maîtres que les opinions citées dans la Michna doivent être inversées. La Guemara demande : si tel est le cas, pourquoi Rav dit-il que la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda ben Beteira ? Il aurait dû dire qu'elle est conforme à l'avis des Rabbins. La Guemara explique que voici ce que dit Rav : conformément à la manière dont vous avez inversé les opinions et les avez enseignées dans la Michna, la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda ben Beteira.
מַאי חֲזֵית דְּאָפְכַתְּ מַתְנִיתִין מִקַּמֵּי בָּרַיְיתָא? נֵפֵיךְ בָּרַיְיתָא מִקַּמֵּי מַתְנִיתִין! רַב גְּמָרֵיהּ גְּמִיר. אִי הָכִי, כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא? כְּרַבָּנַן מִיבְּעֵי לֵיהּ! הָכִי קָאָמַר: לְמַאי דְּאָפְכִיתוּ וְתָנֵיתוּ, הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא.
§ La Guemara relate qu'il y eut un certain homme qui dédia ses biens à Pumbedita. Il vint devant Rav Yehouda pour lui demander quoi faire. Rav Yehouda lui dit : prends quatre dinars et désacralise les biens dédiés en transférant leur sainteté sur eux. Puis jette les dinars dans le fleuve, car on ne peut pas en tirer de bénéfice. Et alors le bien te sera permis, car il aura été racheté. La Guemara note : il est évident que Rav Yehouda tient que les dédicaces non précisées de biens sont affectées à l'entretien du Temple — c'est pourquoi l'homme pouvait racheter ses biens. S'ils avaient été affectés aux Cohanim, il n'y aurait pas eu de rachat, comme enseigné dans la Michna.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאַחְרְמִינְהוּ לְנִכְסֵיהּ בְּפוּמְבְּדִיתָא, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, אֲמַר לֵיהּ: שְׁקוֹל אַרְבְּעָה זוּזֵי וְאַחֵיל עֲלַיְיהוּ, וּשְׁדִינְהוּ בְּנַהֲרָא, וְלִישְׁתְּרוֹ לָךְ. אַלְמָא קָסָבַר: סְתַם חֲרָמִים לְבֶדֶק הַבַּיִת.
La Guemara demande : selon l'avis de qui Rav Yehouda se range-t-il, lorsqu'il dit à l'homme de désacraliser les biens dédiés en transférant leur sainteté sur de l'argent d'une valeur inférieure à celle des biens dédiés ? La Guemara répond : il se range à l'avis de Shmouel, qui a dit : un bien consacré valant cent dinars qu'on a désacralisé sur un objet valant une perouta est désacralisé. La Guemara demande : on peut dire que Shmouel a dit que c'est la halakha seulement dans un cas où l'on a déjà désacralisé le bien, c'est-à-dire a posteriori. A-t-il dit qu'on peut le faire dès l'origine ?
כְּמַאן? כִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר: הֶקְדֵּשׁ שָׁוֶה מָנֶה שֶׁחִילְּלוֹ עַל שָׁוֶה פְּרוּטָה מְחוּלָּל. אֵימַר דְּאָמַר שְׁמוּאֵל שֶׁחִילְּלוֹ, לְכַתְּחִלָּה מִי אָמַר?
Arachin 29a
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ערכין כ״ט אמַסֶּכֶת עֲרָכִין