Quelles sont les circonstances d'une telle offre ? C'est le cas où le propriétaire avait dit initialement qu'il achèterait le champ pour vingt-et-un sela. Dans ce cas, le cinquième supplémentaire s'élève à cinq sela et un dinar, ce qui porte le paiement total du propriétaire à vingt-six sela et un dinar, supérieur à l'offre de l'autre personne. En conséquence, le propriétaire a la priorité ; et lorsque le cinquième est ajouté aux vingt-six sela offerts par l'autre personne, le prix total payé par le propriétaire est égal à trente-et-un sela et un dinar. Si le paiement du propriétaire ne dépasse pas l'offre de l'autre personne même en comptant le cinquième supplémentaire, le trésorier dit à l'autre personne : « Le champ est entré en ta possession. »
הֵיכִי דָּמֵי? דַּאֲמוּר בְּעֶשְׂרִים וְאֶחָד — הַבְּעָלִים קוֹדְמִין, וְאִם לָאו — אוֹמֵר לוֹ: הִגַּעְתִּיךָ.
Mishna 1
MICHNA : Une personne peut dédier [maḥrim] une partie de son troupeau et une partie de son bétail, une partie de ses esclaves et servantes cananéens, et une partie de son champ ancestral [sédeh aḥouza]. Mais s'il a dédié tout ce qu'il possède d'un type de bien donné, ces biens ne sont pas dédiés ; tel est l'avis de Rabbi Eliezer. Rabbi Elazar ben Azarya dit : si pour le Très-Haut une personne ne peut pas dédier toute sa propriété, à combien plus forte raison une personne devrait-elle ménager sa propriété et ne pas tout donner à autrui !
מַתְנִי׳ מַחֲרִים אָדָם מִצֹּאנוֹ וּמִבְּקָרוֹ, וּמֵעֲבָדָיו וּמִשִּׁפְחוֹתָיו הַכְּנַעֲנִים, וּמִשְּׂדֵה אֲחוּזָּתוֹ, וְאִם הֶחְרִים אֶת כּוּלָּם אֵינָם מוּחְרָמִים, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: מָה אִם לַגָּבוֹהַּ אֵין אָדָם רַשַּׁאי לְהַחְרִים כׇּל נְכָסָיו, עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה שֶׁיְּהֵא אָדָם חָס עַל נְכָסָיו!(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : d'où tire-t-on ces matières énoncées dans la Michna ? La Guemara explique que c'est comme les Sages l'ont enseigné dans une baraïta, au sujet du verset : « Toutefois, tout ce qu'un homme dédie par interdit [ḥerem] à l'Éternel, de tout ce qu'il possède, que ce soit homme ou bête, ou de son champ ancestral » (Vayikra 27, 28). Le verset indique qu'on peut dédier « de tout ce qu'il possède » mais pas tout ce qu'il possède ; de même « d'homme » mais pas tout homme, c'est-à-dire pas tout esclave qu'il possède ; « d'homme ou de bête » mais pas tout animal qu'il possède ; et enfin on peut dédier « de son champ ancestral » mais pas la totalité de son champ ancestral.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״מִכׇּל אֲשֶׁר לוֹ״ — וְלֹא כׇּל אֲשֶׁר לוֹ, ״מֵאָדָם״ — וְלֹא כׇּל אָדָם, ״מִבְּהֵמָה״ — וְלֹא כׇּל בְּהֵמָה, ״מִשְּׂדֵה אֲחוּזָּה״ — וְלֹא כׇּל שְׂדֵה אֲחוּזָּה.
On aurait pu penser qu'on ne peut pas dédier toute sa propriété dès l'origine, mais que s'il l'a quand même dédiée, elle serait dédiée. C'est pourquoi le verset dit : « Toutefois » [akh], pour enseigner qu'elle n'est pas dédiée. Tel est l'avis de Rabbi Eliezer. Rabbi Elazar ben Azarya dit : si pour le Très-Haut une personne ne peut pas dédier toute sa propriété, à combien plus forte raison une personne devrait-elle ménager sa propriété et ne pas tout donner à autrui !
יָכוֹל לֹא יַחְרִים, וְאִם הֶחְרִים יְהוּ מוּחְרָמִין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אַךְ״, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: מָה אִם לַגָּבוֹהַּ אֵין אָדָם רַשַּׁאי לְהַחְרִים כׇּל נְכָסָיו, עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה שֶׁיְּהֵא אָדָם חָס עַל נְכָסָיו!
La Guemara note : et il est nécessaire de dériver cette halakha pour chacune des catégories du verset. Car si le Miséricordieux n'avait écrit que : « De tout ce qu'il possède », j'aurais dit qu'on ne peut pas dédier tout ce qu'il possède, mais qu'on peut dédier la totalité d'un seul type de bien. C'est pourquoi le Miséricordieux écrit « d'homme », pour enseigner qu'on ne peut pas dédier tout homme.
וּצְרִיכָא, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״מִכׇּל אֲשֶׁר לוֹ״, הֲוָה אָמֵינָא: כֹּל דְּאִית לֵיהּ לָא לַחְרֵים, אֲבָל מִין אֶחָד לַיחְרְמֵיהּ כּוּלֵּיהּ, כְּתַב רַחֲמָנָא ״מֵאָדָם״ — וְלֹא כׇּל אָדָם.
Et si le Miséricordieux n'avait écrit que « d'homme », on aurait pu dire qu'on ne peut pas dédier tous ses esclaves, car il ne peut pas se passer d'esclave pour accomplir son travail ; mais pour un champ, il peut maintenir sa subsistance par le métayage [distoran]. Et si la Torah avait enseigné cette halakha seulement pour ces deux types — champs ancestraux et esclaves — on aurait pu dire que ceux-ci ne peuvent pas être dédiés en totalité parce qu'ici il y a subsistance et là aussi il y a subsistance. Mais pour les biens mobiliers, dont la subsistance ne dépend pas, qu'il dédie tout ! C'est pourquoi toutes ces dérivations sont nécessaires.
וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״מֵאָדָם״, דְּלָא סַגִּיא לֵיהּ בְּלָא עֲבוֹדָה, אֲבָל שָׂדֶה — סַגִּיא לֵיהּ בְּדִיסְתּוּרָן. וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָנֵי תַּרְתֵּי, מִשּׁוּם דְּהָכָא חִיּוּתָא וְהָכָא חִיּוּתָא, אֲבָל מְטַלְטְלִין — לַיחְרְמִינְהוּ כּוּלְּהוּ, צְרִיכִי.
La Guemara demande encore : pourquoi ai-je besoin que le verset dise « ou bête » ? La Guemara explique que c'est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraïta : on aurait pu penser qu'une personne peut dédier son fils ou sa fille, son esclave ou sa servante hébreux, ou son champ acheté [sédeh mikna]. C'est pourquoi le verset dit « bête », pour enseigner que tout comme un animal est un objet qu'il a la permission de vendre, de même on peut dédier tout objet qu'il a la permission de vendre. On ne peut pas dédier un objet qu'on n'a pas le pouvoir de vendre.
״בְּהֵמָה״ לְמָה לִי? לְכִדְתַנְיָא: יָכוֹל יַחְרִים אָדָם בְּנוֹ וּבִתּוֹ, עַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הָעִבְרִיִּים, וּשְׂדֵה מִקְנָתוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּהֵמָה״, מָה בְּהֵמָה יֵשׁ לוֹ רְשׁוּת לְמוֹכְרָהּ, אַף כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ רְשׁוּת לְמוֹכְרָהּ.
La baraïta poursuit : mais dans le cas de sa fille mineure, il a la permission de la vendre comme servante hébraïque. Si tel est le cas, on aurait pu penser qu'il peut la dédier. C'est pourquoi le verset dit « bête », indiquant que tout comme un animal est un objet qu'il a toujours la permission de vendre, de même on peut dédier tout objet qu'il a toujours la permission de vendre — alors qu'on ne peut pas vendre sa fille une fois qu'elle a atteint la majorité. Un champ aussi ne peut être vendu que jusqu'à l'année du Yovel.
וַהֲלֹא בִּתּוֹ קְטַנָּה יֵשׁ לוֹ רְשׁוּת לְמוֹכְרָהּ, יָכוֹל יַחְרִימֶנָּה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּהֵמָה״, מָה בְּהֵמָה יֵשׁ לוֹ רְשׁוּת לְמוֹכְרָהּ לְעוֹלָם, אַף כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ רְשׁוּת לְמוֹכְרָהּ לְעוֹלָם.
§ La Michna enseigne que Rabbi Elazar ben Azarya dit : si pour le Très-Haut une personne ne peut pas dédier toute sa propriété, à combien plus forte raison on devrait ménager sa propriété. La Guemara soulève une difficulté : c'est identique à l'opinion du premier tanna, c'est-à-dire Rabbi Eliezer, qui interdit la dédicace de toute sa propriété.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: אִם לַגָּבוֹהַּ אֵין אָדָם רַשַּׁאי כּוּ׳. הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!
La Guemara répond : il y a une différence pratique entre eux concernant l'énoncé de Rabbi Ila, car Rabbi Ila a dit : à Ousha les Sages ont institué que celui qui distribue son argent à la charité ne doit pas en distribuer plus d'un cinquième. Rabbi Eliezer, qui n'a pas dit qu'on doit ménager sa propriété, règle qu'on peut donner tout son argent à la charité, pourvu qu'on garde une petite part pour soi ; tandis que Rabbi Elazar ben Azarya maintient qu'on ne doit pas donner plus d'un cinquième.
אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַבִּי אִילָא, דְּאָמַר רַבִּי אִילָא: בְּאוּשָׁא הִתְקִינוּ, הַמְבַזְבֵּז אַל יְבַזְבֵּז יוֹתֵר מֵחוֹמֶשׁ.
La Guemara relate qu'il y eut un incident impliquant un certain individu qui cherchait à distribuer plus d'un cinquième de sa propriété en charité, et son ami ne le laissa pas agir selon son souhait. Et qui était cet ami ? Rabbi Yeshevav. Et selon une autre version, c'était Rabbi Yeshevav qui voulait donner trop de charité, et son ami ne le laissa pas le faire. Et qui était l'ami ? Rabbi Akiva.
מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁבִּקֵּשׁ לְבַזְבֵּז יוֹתֵר מֵחוֹמֶשׁ, וְלֹא הִנִּיחוּ לוֹ חֲבֵרָיו. וּמַנּוּ? רַבִּי יְשֵׁבָב, וְאָמְרִי לַהּ: רַבִּי יְשֵׁבָב, וְלֹא הִנִּיחוּ לוֹ חֲבֵירָיו. וּמַנּוּ? רַבִּי עֲקִיבָא.
Mishna 2
MICHNA : Celui qui dédie son fils ou sa fille, ou son esclave ou sa servante hébreux, ou son champ acheté — ces biens ne sont pas considérés comme dédiés, car une personne ne peut pas dédier un objet qui n'est pas sien. Les Cohanim et les Lévites ne peuvent pas dédier leur propriété ; tel est l'avis de Rabbi Yehouda. Rabbi Shimon dit : les Cohanim ne peuvent pas dédier leur propriété, car tous les biens dédiés leur appartiennent — c'est l'un des dons sacerdotaux, comme le dit le verset : « Tout ce qui est dédié en Israël sera à toi » (Bamidbar 18, 14). Mais les Lévites peuvent dédier leur propriété, car les biens dédiés ne leur appartiennent pas.
מַתְנִי׳ הַמַּחְרִים בְּנוֹ וּבִתּוֹ, וְעַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הָעִבְרִים, וּשְׂדֵה מִקְנָתוֹ — אֵין מוּחְרָמִין, שֶׁאֵין אָדָם מַחְרִים דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ. הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם אֵין מַחְרִימִין, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: הַכֹּהֲנִים אֵין מַחְרִימִין — שֶׁהַחֲרָמִין שֶׁלָּהֶן, וְהַלְוִיִּם מַחְרִימִין — שֶׁאֵין הַחֲרָמִין שֶׁלָּהֶן.