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Traité Arachin

19a

Étude de Arachin 19a

Étude de la Mishna & Guémara 19a

La baraïta aurait plutôt dû dire : « quant au mâle et quant à la femelle », termes que la Torah emploie pour les évaluations [arakhin]. Les termes « fils » et « fille » sont utilisés pour le cas du yotse dofèn [enfant sorti par césarienne].
״שֶׁבְּזָכָר וְשֶׁבִּנְקֵבָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ.
Quant aux évaluations, la Guemara demande : qu'y a-t-il de particulier à la femelle, pour qu'après soixante ans son évaluation se fixe à dix sicles — soit le tiers de ses trente sicles d'évaluation « jeune » — et qu'y a-t-il de particulier au mâle, pour qu'après soixante ans, où son évaluation est de quinze sicles, il ne se trouve pas même au tiers de ses cinquante sicles d'évaluation « jeune » ? Hizkiya dit que le peuple a un dicton : s'il y a un vieillard à la maison, c'est un fardeau [paha] dans la maison, car il n'aide à rien ; s'il y a une vieille femme à la maison, c'est un trésor dans la maison, car elle assiste aux travaux domestiques.
וּמַאי שְׁנָא נְקֵבָה, דְּכִי מִיזַּקְנָא קָיְימָא אַתִּילְּתָא, וּמַאי שְׁנָא זָכָר דְּלָא קָאֵי אַתִּילְּתָא? אָמַר חִזְקִיָּה: אָמְרִי אִינָשֵׁי: סָבָא בְּבֵיתָא — פָּאחָא בְּבֵיתָא, סָבְתָא בְּבֵיתָא — סִימָא בְּבֵיתָא.
Hadran alakh Héseg yad — nous avons achevé le traité Héseg yad [capacité financière].
הֲדַרַן עֲלָךְ הֶשֵּׂג יָד.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui dit : « Il m'incombe de donner mon poids », donne son poids au trésor du Temple ; s'il a précisé argent, il donne de l'argent, et s'il a précisé or, il donne de l'or. Il advint que la mère de Yirmatya dit : « Il m'incombe de donner le poids de ma fille » ; elle monta à Jérusalem et paya le poids de sa fille en or au trésor du Temple.
מַתְנִי׳ הָאוֹמֵר: ״מְשַׁקְּלִי עָלַי״ נוֹתֵן מִשְׁקָלוֹ, אִם כֶּסֶף כָּסֶף, וְאִם זָהָב זָהָב. מַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁל יַרְמַטְיָא שֶׁאָמְרָה: ״מִשְׁקַל בִּתִּי עָלַי״, וְעָלְתָה לִירוּשָׁלַיִם וְשַׁקְלַהּ מִשְׁקָלָהּ זָהָב.(משנה)
« Le poids de mon avant-bras m'incombe » — comment détermine-t-on le poids de l'avant-bras ? Rabbi Yehouda dit : on remplit un tonneau d'eau et on y plonge le bras jusqu'au coude. Pour mesurer le déplacement, on pèse de la chair d'âne, des os et des tendons, qu'on place dans le tonneau jusqu'à ce que l'eau atteigne le bord. On donne ensuite ce poids de viande et d'os au trésor du Temple. Rabbi Yossei dit : le déplacement se mesure en volume, non en poids — comment alors faire correspondre la quantité de chair d'âne à celle d'une personne, et le volume des os d'âne à ses os ? Plutôt, le tribunal estime combien l'avant-bras est susceptible de peser.
״מִשְׁקַל יְדֵי עָלַי״, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מְמַלֵּא חָבִית מַיִם, וּמַכְנִיסָהּ עַד מַרְפֵּיקוֹ, וְשׁוֹקֵל מִבְּשַׂר חֲמוֹר וַעֲצָמוֹת וְגִידִים וְנוֹתֵן לְתוֹכָהּ עַד שֶׁתִּתְמַלֵּא. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: וְכִי הֵיאַךְ אֶפְשָׁר לְכַוֵּין בָּשָׂר כְּנֶגֶד בָּשָׂר וַעֲצָמוֹת כְּנֶגֶד עֲצָמוֹת? אֶלָּא שָׁמִין אֶת הַיָּד כַּמָּה הִיא רְאוּיָה לִשְׁקוֹל.
Guémara
GUEMARA : Que signifie l'énoncé michnaique « Si argent, argent ; si or, or » ? Rav Yehouda dit : s'il a précisé qu'il voue donner son poids en argent, il donne de l'argent ; s'il a précisé or, il donne de l'or. La Guemara demande : n'est-ce pas évident ? La Guemara répond : voici ce qu'enseigne le tanna — la raison pour laquelle il donne de l'argent ou de l'or est qu'il l'a précisé — d'où l'on infère que s'il n'a pas précisé le mode de paiement, il peut s'acquitter avec n'importe quel matériau.
גְּמָ׳ מַאי ״אִם כֶּסֶף כֶּסֶף אִם זָהָב זָהָב״? אָמַר רַב יְהוּדָה: פֵּירַשׁ כֶּסֶף — כֶּסֶף, פֵּירַשׁ זָהָב — זָהָב. פְּשִׁיטָא! הָא קָא מַשְׁמַע לַן: טַעְמָא דְּפֵירַשׁ, הָא לֹא פֵּירֵשׁ — פָּטַר נַפְשֵׁיהּ בְּכֹל דְּהוּ.
La Guemara ajoute : et ceci est conforme à un enseignement de Rahava, qui dit : dans un lieu où les marchands pèsent le goudron [kofra] à la vente, celui qui a voué son poids peut s'acquitter en donnant son poids même en goudron. La Guemara demande : n'est-ce pas évident ? La Guemara répond : non, l'énoncé de Rahava est nécessaire dans un lieu où certains marchands pèsent le goudron et d'autres en mesurent le volume. On pourrait dire : puisque tous les marchands ne pèsent pas le goudron, on ne peut pas s'acquitter du vœu en donnant son poids en goudron — Rahava nous enseigne que, puisqu'il y a des marchands qui vendent le goudron au poids, on peut s'acquitter de cette manière.
כִּרְחָבָה, דְּאָמַר רַחֲבָה: בְּאַתְרָא דְּתִקְלֵי כּוֹפְרָא — פָּטַר נַפְשֵׁיהּ אֲפִילּוּ בַּכּוֹפְרָא. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דְּאִיכָּא דִּתְקֵל וְאִיכָּא דְּכָיֵיל. מַהוּ דְּתֵימָא: כֵּיוָן דְּכוּלְּהוּ לָא תִּקְלֵי — לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Pappa dit : dans un lieu où les marchands pèsent les oignons à la vente, celui qui a voué son poids peut s'acquitter en donnant son poids même en oignons. La Guemara demande encore : n'est-ce pas évident ? La Guemara répond : non, l'énoncé de Rav Pappa est nécessaire dans un lieu où, après avoir pesé les oignons, les marchands en ajoutent deux ou trois de plus au client. On pourrait dire que le statut de lieu où l'on vend les oignons au poids est annulé à cause de ces oignons supplémentaires — Rav Pappa nous enseigne qu'il est toujours considéré comme un lieu où l'on vend les oignons au poids.
אָמַר רַב פָּפָּא: בְּאַתְרָא דְּתִקְלֵי שַׁמְכֵי, פָּטַר נַפְשֵׁיהּ אֲפִילּוּ בְּשַׁמְכֵי. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דְּבָתַר דְּשָׁקְלִי שָׁדוּ תְּרֵי תְּלָתָא. מַהוּ דְּתֵימָא: בְּטִיל תּוֹרַת מִשְׁקַל, קָא מַשְׁמַע לַן.
§ La Michna enseigne : il advint que la mère de Yirmatya dit : « Il m'incombe de donner le poids de ma fille », sans préciser argent ni or, et qu'elle monta à Jérusalem et paya le poids de sa fille en or au trésor du Temple. La Guemara demande : a-t-on cité un fait pour contredire la règle précédente de la Michna ? La Michna avait dit : si argent, argent ; si or, or — ce qui indique que si l'on n'a pas précisé le mode de paiement, on peut s'acquitter avec n'importe quel matériau vendu au poids, alors qu'on infère du fait rapporté qu'il faut payer en or.
מַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁל יַרְמַטְיָא וְכוּ׳. מַעֲשֶׂה לִסְתּוֹר?!
La Guemara répond : la Michna est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne : et si celui qui a fait le vœu est une personne distinguée, même s'il n'a pas précisé argent ou or, on dit qu'il doit s'acquitter selon son rang social. Et de même, il advint que la mère de Yirmatya, femme très fortunée, dit : « Il m'incombe de donner le poids de ma fille » ; elle monta à Jérusalem et donna le poids de sa fille en or au trésor du Temple.
חַסּוֹרֵי מְחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי, וְאִם אָדָם חָשׁוּב הוּא, אַף עַל גַּב דְּלָא פָּרֵישׁ — לְפִי כְּבוֹדוֹ אָמְרִינַן, וּמַעֲשֶׂה בְּאַמָּה שֶׁל יַרְמַטְיָא שֶׁאָמְרָה ״מִשְׁקַל בִּתִּי עָלַי״, וְעָלְתָה לִירוּשָׁלַיִם וְשַׁקְלוּהּ וְנָתְנָה מִשְׁקָלָהּ זָהָב.
§ Rav Yehouda dit : celui qui dit : « Il m'incombe de donner ma taille », donne une barre épaisse qui ne peut pas se plier, équivalente à sa taille. Celui qui dit : « Il m'incombe de donner ma taille entière », peut donner même une barre fine qui peut se plier, pourvu qu'elle soit équivalente à sa taille. La Guemara soulève une objection tirée d'une baraïta (Tossefta 3, 1) : celui qui dit : « Il m'incombe de donner ma taille », ou : « Il m'incombe de donner ma taille entière », donne une barre épaisse qui ne peut pas se plier et qui est équivalente à sa taille.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָאוֹמֵר ״קוֹמָתִי עָלַי״ נוֹתֵן שַׁרְבִיט שֶׁאֵינוֹ נִכְפָּף, ״מָלֵא קוֹמָתִי עָלַי״ נוֹתֵן שַׁרְבִיט הַנִּכְפָּף. מֵיתִיבִי: ״קוֹמָתִי עָלַי״, ״מָלֵא קוֹמָתִי עָלַי״ — נוֹתֵן שַׁרְבִיט שֶׁאֵינוֹ נִכְפָּף.
La Guemara répond : Rav Yehouda s'exprime selon l'avis de Rabbi Akiva, qui est d'avis que l'on peut tirer une inférence d'un langage superflu. Comme nous l'avons appris dans une Michna (Bava Batra 64a) : si l'on vend sa maison sans précision, on n'a vendu ni le puits ni la citerne [dut] avec elle, même si l'on a écrit dans l'acte de vente : avec sa profondeur et sa hauteur. Car tout ce qui est accessoire à la maison — puits, citernes — doit être mentionné explicitement dans le contrat. Et le vendeur doit se racheter un chemin d'accès vers le puits ou la citerne qu'il a conservés, car il a vendu ses droits sur la zone entourant la maison avec la maison elle-même, et il ne peut plus y circuler. Tel est l'avis de Rabbi Akiva.
הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּדָיֵיק לִישָּׁנָא יַתִּירָא, דִּתְנַן: לֹא אֶת הַבּוֹר וְלֹא הַדּוּת, אַף עַל פִּי שֶׁכָּתַב עוֹמְקָהּ וְרוּמַהּ, וְצָרִיךְ לִיקַּח לוֹ דֶּרֶךְ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא.
Arachin 19a
100%
ערכין י״ט אמַסֶּכֶת עֲרָכִין