Guémara
C'est semblable à la matière énoncée à propos d'un lépreux : « Et la lèpre couvrira toute la peau de celui qui a la marque, de sa tête à ses pieds, autant que le Cohen peut voir… elle est entièrement devenue blanche : il est pur » (Vayikra 13, 12-13). Ce verset s'interprète ainsi : la marque atteint depuis sa tête, mais sa tête n'est pas incluse ; elle atteint jusqu'à ses pieds, mais ses pieds ne sont pas inclus. On aurait donc pu penser que l'interdiction de consommer du levain pendant la fête de Pessa'h ne s'applique pas non plus aux extrémités mentionnées dans le verset.
כָּעִנְיָן שֶׁנֶּאֱמַר ״מֵרֹאשׁוֹ וְעַד רַגְלָיו״, רֹאשׁוֹ וְלֹא רֹאשׁוֹ בַּכְּלָל, רַגְלָיו וְלֹא רַגְלָיו בַּכְּלָל?
Le verset dit donc : « Vous mangerez des pains sans levain, jusqu'au vingt et unième jour du mois, au soir » (Chémout 12, 18). Cela prouve que le septième jour de la fête est inclus. Rabbi Yehouda HaNassi dit : il n'est pas nécessaire de citer ce verset, car l'interdiction de consommer du levain commence le premier jour de Pessa'h, et le premier jour est inclus ; et l'interdiction continue jusqu'au septième jour, et le septième jour est inclus. Pour les érakhin, même sans gizéra shava, Rabbi Yehouda HaNassi devrait maintenir que la vingtième année est incluse dans la période qui la précède.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עַד יוֹם הָאֶחָד וְעֶשְׂרִים לַחֹדֶשׁ בָּעָרֶב״. רַבִּי אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, ״רִאשׁוֹן״ וְ״רִאשׁוֹן״ בַּכְּלָל, ״שְׁבִיעִי״ וּ״שְׁבִיעִי״ בַּכְּלָל!
La Guemara répond : on peut même dire que l'avis de la Michna est conforme à celui de Rabbi Yehouda HaNassi, car les versets s'annulent mutuellement et leur sens n'est donc pas clair sans la gizéra shava. La Guemara précise : puisqu'il est écrit « D'un mois à cinq ans » (Vayikra 27, 6), cela inclut ostensiblement la cinquième année dans la catégorie énoncée. Si tel est le cas, pourquoi ai-je besoin de cette mention des cinq ans aussi : « Et de cinq ans à vingt ans, ton érakhin sera de vingt sicles pour le mâle » (Vayikra 27, 5) ? Pour la cinquième année, comme les deux versets la mentionnent, les versets s'annulent mutuellement. Par conséquent, même selon l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi, la gizéra shava est nécessaire.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, שַׁקּוֹלֵי מְשַׁקְּלִי קְרָאֵי. מִכְּדֵי כְּתִיב: ״מִבֶּן חֹדֶשׁ וְעַד בֶּן חָמֵשׁ שָׁנִים״, תּוּ ״מִבֶּן חָמֵשׁ וְעַד בֶּן עֶשְׂרִים״ לְמָה לִי? הִילְכָּךְ אִישְׁתְּקִלוּ לְהוּ.
Le Maître a dit plus haut, à propos d'un lépreux : la marque atteint depuis sa tête, mais sa tête n'est pas incluse ; elle atteint jusqu'à ses pieds, mais ses pieds ne sont pas inclus. La Guemara demande : d'où dérivons-nous cette interprétation ? Si tu veux, dis que cela se déduit logiquement : les signes de lèpre de son corps diffèrent des signes de lèpre de sa tête quant aux différentes couleurs de cheveux qui indiquent la lèpre. Ou, si tu veux, dis plutôt que cela se déduit de l'expression dans ce verset : « Autant que le Cohen peut voir » — ce qui exclut une marque lépreuse sur la tête, obscurcie à la vue du Cohen par les cheveux, ainsi que les marques lépreuses entre les orteils.
אָמַר מָר: ״רֹאשׁוֹ״ — וְלָא רֹאשׁוֹ בַּכְּלָל, ״רַגְלָיו״ — וְלֹא רַגְלָיו בַּכְּלָל. מְנָלַן? אִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי סִימָנִים דְּגוּפוֹ מִסִּימָנִים דְּרֹאשׁוֹ. אִיבָּעֵית אֵימָא: ״לְכׇל מַרְאֵה עֵינֵי הַכֹּהֵן״.
§ La Michna enseigne que Rabbi Eliezer dit : leur statut halakhique reste comme celui de la période qui les précède jusqu'à ce qu'ils aient un mois et un jour de plus que les années respectives. À propos de cet avis, il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Eliezer dit : il est dit ici, pour les érakhin, « au-dessus » (Vayikra 27, 7), et il est dit là, pour le dénombrement des Lévites dans le désert : « Depuis l'âge d'un mois et au-dessus tu les dénombreras » (Bamidbar 3, 15). Comme là, pour le dénombrement, le verset signifie : depuis un mois et un jour, de même ici, pour les érakhin, le verset signifie que chaque catégorie respective est comptée depuis un mois et un jour au-delà des âges énoncés de cinq ans, vingt ans ou soixante ans.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: עַד שֶׁיְּהוּ יְתֵירוֹת עַל הַשָּׁנִים חוֹדֶשׁ וְיוֹם אֶחָד. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״לְמַעְלָה״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״חֹדֶשׁ וָמַעְלָה״, מָה לְהַלָּן מִבֶּן חוֹדֶשׁ וְיוֹם אֶחָד, אַף כָּאן מִבֶּן חוֹדֶשׁ וְיוֹם אֶחָד.
La Guemara demande : et pourquoi Rabbi Eliezer ne dit-il pas que le verset sur l'évaluation doit être compris comme le verset écrit là, pour le dénombrement, de la manière suivante : comme là il s'agit d'un jour de plus que l'âge énuméré de trente jours, de même ici il devrait s'agir d'un jour de plus que les âges énumérés de cinq ans, vingt ans et soixante ans. Pourquoi Rabbi Eliezer ajoute-t-il un mois ? La Guemara répond : si ce n'était qu'un jour de plus, à quoi servirait cette gizéra shava du dénombrement ? Même sans lien avec le verset sur le dénombrement, on comprendrait pour les érakhin que la nouvelle période commence le jour après l'achèvement complet de l'année respective.
וְאֵימָא כִּי הָתָם, מָה הָתָם חַד יוֹמָא, אַף כָּאן חַד יוֹמָא? אִם כֵּן, גְּזֵירָה שָׁוָה מַאי אַהֲנִי!
§ Les Sages ont enseigné dans une baraïta : pour la période d'un an mentionnée à propos des animaux sacrificiels, par exemple « des agneaux de la première année » (Bamidbar 28, 3) ; l'année mentionnée à propos des maisons des villes fortifiées, pendant laquelle il est permis de racheter une maison vendue dans une ville fortifiée (Vayikra 25, 29) ; les deux années mentionnées à propos d'un shédeh achuza [champ héréditaire], pendant lesquelles on ne peut pas encore racheter un champ héréditaire vendu (Vayikra 25, 15) ; les six années mentionnées à propos d'un esclave hébreu (Chémout 21, 2) ; et de même les années mentionnées à propos d'un fils et d'une fille, comme expliqué ci-dessous — toutes ces périodes sont calculées de l'heure du début à l'heure de la fin de la période, c'est-à-dire que ce sont des unités d'années entières ; elles n'expirent pas à des dates prédéterminées, comme à la fin de l'année civile.
תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁנָה הָאֲמוּרָה בְּקָדָשִׁים, שָׁנָה הָאֲמוּרָה בְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה, שְׁתֵּי שָׁנִים שֶׁבִּשְׂדֵה אֲחוּזָּה, וְשֵׁשׁ שָׁנִים שֶׁבְּעֶבֶד עִבְרִי, וְכֵן שֶׁבַּבֵּן וְשֶׁבַּבַּת — כּוּלָּן מֵעֵת לְעֵת.
La Guemara demande : pour l'année mentionnée à propos des animaux sacrificiels, d'où dérivons-nous qu'elle est calculée par des années entières plutôt que par des années civiles ? Rav Aha bar Yaakov dit que le verset dit : « Un agneau de sa première année » (Vayikra 12, 6). Puisque le verset ne dit pas : un agneau de la première année, cela signifie une année calculée selon sa propre vie, et non une année selon le comptage du monde, c'est-à-dire l'année civile.
שָׁנָה הָאֲמוּרָה בְּקָדָשִׁים, מְנָלַן? אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, אָמַר קְרָא: ״כֶּבֶשׂ בֶּן שְׁנָתוֹ״, שְׁנָתוֹ שֶׁלּוֹ, וְלֹא שֶׁל מִנְיַן עוֹלָם.
La Guemara poursuit l'explication de la baraïta : la halakha selon laquelle l'année mentionnée pour les maisons des villes fortifiées est calculée par une année entière et non par une année civile se déduit du fait qu'il est écrit : « Jusqu'à l'achèvement d'une année entière après sa vente » (Vayikra 25, 29). Le verset vise une année comptée depuis le jour de sa propre vente, et non l'année du comptage du monde.
שָׁנָה הָאֲמוּרָה בְּבָתֵּי עָרֵי חוֹמָה — דִּכְתִיב: ״עַד תֹּם שְׁנַת מִמְכָּרוֹ״, מִמְכָּרוֹ שֶׁלּוֹ, וְלֹא שָׁנָה לְמִנְיַן עוֹלָם.
La Guemara énonce : concernant les deux années mentionnées pour un shédeh achuza, cela se déduit du fait qu'il est écrit : « Selon le nombre d'années de récoltes, il te vendra » (Vayikra 25, 15). La forme plurielle de « années » et de « récoltes » indique que le nombre d'années ne correspond pas nécessairement à la quantité de récoltes. Il arrive qu'une personne mange trois récoltes en deux ans. Si l'on a acheté un champ à la fin de l'année civile quand sa récolte n'avait pas encore été moissonnée, et qu'on a moissonné cette récolte puis cultivé et moissonné deux récoltes supplémentaires avant l'achèvement de deux années entières depuis la vente, on aurait mangé trois récoltes en moins de deux ans. Ce n'est pas possible si l'on suit les années civiles, car une nouvelle année commencerait peu après l'achat.
שְׁתֵּי שָׁנִים שֶׁבִּשְׂדֵה אֲחוּזָּה, דִּכְתִיב: ״בְּמִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאֹת יִמְכׇּר לָךְ״, פְּעָמִים שֶׁאָדָם אוֹכֵל שָׁלֹשׁ תְּבוּאוֹת בִּשְׁתֵּי שָׁנִים.
La Guemara énonce : la halakha selon laquelle les six années mentionnées pour un esclave hébreu sont calculées par des années entières, et non par des années civiles, se déduit du fait qu'il est écrit : « Six ans il servira ; et la septième il sortira libre pour rien » (Chémout 21, 2). Le mot « et » dans « Et la septième » enseigne qu'il arrive parfois qu'il serve aussi dans la septième année civile, si six années entières ne se sont pas écoulées depuis sa vente. Par exemple, s'il fut vendu au mois de Nisan, bien que cinq ans et six mois se soient écoulés quand arrive Tichri, premier mois de la septième année, puisqu'il n'a pas encore accompli six ans de service il doit travailler aussi dans cette septième année civile, jusqu'au jour du mois où il fut vendu.
שֵׁשׁ שֶׁבְּעֶבֶד עִבְרִי — דִּכְתִיב: ״שֵׁשׁ שָׁנִים יַעֲבֹד וּבַשְּׁבִיעִית״, זִימְנִין דְּבִשְׁבִיעִית נָמֵי יַעֲבוֹד.
La baraïta enseigne aussi : les années mentionnées à propos d'un fils et d'une fille font partie de ces termes calculés de l'heure du début à l'heure de la fin de la période. La Guemara demande : à quelle halakha cela se rapporte-t-il ? Rav Giddel dit que Rav dit : aux érakhin — c'est-à-dire que l'âge d'un homme ou d'une femme évalué est calculé en années entières depuis la date de naissance, et non par des années civiles. Rav Yossef dit : la halakha est énoncée à propos des matières enseignées au cinquième chapitre du traité Nidda, qui s'ouvre sur les mots Yotze Dofen, c'est-à-dire un animal né par césarienne. Autrement dit, quand une Michna de ce chapitre, qui traite de diverses matières liées aux âges des fils et des filles, mentionne des années, elle signifie des années entières, même quand cela n'est pas énoncé explicitement.
וְשֶׁבַּבֵּן וְשֶׁבַּבַּת כּוּלָּן מֵעֵת לְעֵת. לְמַאי הִילְכְתָא? אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: לַעֲרָכִין. רַב יוֹסֵף אָמַר: לְפִרְקִין דְּ״יוֹצֵא דּוֹפֶן״.