La Guemara explique : la Michna énonce deux principes distincts concernant celui qui voue de fournir l'offrande d'un lépreux pour un autre. Un principe s'applique à un lépreux pauvre pour lequel un autre pauvre a fait le vœu de fournir son offrande — dans ce cas, il fournit l'offrande du pauvre. Et l'autre principe, c'est-à-dire la déclaration que la halakha est différente pour les offrandes, sert à exclure le cas d'un lépreux riche pour lequel un pauvre a fait le vœu de fournir son offrande. Dans cette situation, bien que celui qui a fait le vœu soit pauvre, il doit fournir l'offrande d'un riche.
חֲדָא אַמְּצוֹרָע עָנִי וּמַדִּירוֹ עָנִי, וַחֲדָא לְמַעוֹטֵי מְצוֹרָע עָשִׁיר וּמַדִּירוֹ עָנִי.
La Guemara explique pourquoi cette dernière règle est nécessaire. On pourrait penser : puisque les pauvres sont inclus dans le verset « et que ses moyens ne suffisent pas » pour la facilité qui leur permet d'apporter l'offrande du pauvre quand ils font des vœux pour des lépreux pauvres, ils devraient aussi être inclus dans cette facilité quand ils fournissent pour tous les lépreux, même les riches. Le tanna nous enseigne donc que cette facilité ne s'applique pas quand les lépreux sont riches.
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְאִיתְרַבּוֹ, אִיתְרַבּוֹ, קָא מַשְׁמַע לַן.
De même, il est enseigné dans une baraïta : puisque nous trouvons pour les érakhin qu'un pauvre qui a évalué un riche donne l'évaluation selon les moyens d'un pauvre, on aurait pu penser que dans ce cas, où l'on fait un vœu de fournir l'offrande d'un lépreux riche, la halakha est aussi ainsi. Le verset dit donc : « Et s'il est pauvre » — d'où l'on déduit que l'offrande du lépreux pauvre n'est apportée que lorsque le lépreux lui-même est pauvre.
לְפִי שֶׁמָּצִינוּ בַּעֲרָכִין, עָנִי שֶׁהֶעֱרִיךְ אֶת הֶעָשִׁיר נוֹתֵן עֵרֶךְ עָנִי, יָכוֹל אַף זֶה כֵּן, תַּלְמוּד לוֹמַר ״אִם דַּל הוּא״.
La Guemara objecte : mais selon l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi, cela est difficile. Il dit dans la Michna — je dis même pour les érakhin que c'est ainsi — si un riche a dit : mon évaluation est à ma charge, et un pauvre l'a entendu et a dit : ce qu'il a dit est à ma charge, le pauvre donne l'évaluation d'un riche. Évidemment, Rabbi Yehouda HaNassi dit : nous suivons l'obligation de la personne originellement évaluée, même pour les érakhin. Si tel est le cas, le raisonnement de la baraïta ci-dessus ne s'applique pas, et un verset n'est donc pas nécessaire pour exclure un pauvre qui fait un vœu de fournir l'offrande d'un lépreux riche de la facilité d'apporter l'offrande du pauvre. Quand le verset précise « Et s'il est pauvre », que sert-il à exclure ?
וּלְרַבִּי, דְּאָמַר: ״אוֹמֵר אֲנִי אַף בַּעֲרָכִין כֵּן״ — אַלְמָא אָמַר: בָּתַר חִיּוּבָא דְּגַבְרָא אָזְלִינַן, וְהָא לָא צְרִיכָא קְרָא לְמַעוֹטֵי הוּא, לְמַעוֹטֵי מַאי?
La Guemara explique : le verset sert à exclure le cas d'un lépreux pauvre pour lequel un riche a fait un vœu. On pourrait penser : puisque Rabbi Yehouda HaNassi dit que nous suivons l'obligation de la personne originellement visée par le vœu, le riche n'apporterait donc que l'offrande du lépreux pauvre. L'exclusion du verset « Et s'il est pauvre » nous enseigne donc que dans ce cas il apporte l'offrande d'un individu riche, et non celle du pauvre.
לְמַעוֹטֵי מְצוֹרָע עָנִי וּמַדִּירוֹ עָשִׁיר, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וְאָמַר רַבִּי: ״בָּתַר חִיּוּבָא דְּגַבְרָא אָזְלִינַן״, קָא מַשְׁמַע לַן.
Mishna 1
MICHNA : S'il était pauvre au moment du vœu d'évaluation et qu'il est devenu riche, ou s'il était riche et est devenu pauvre — il donne l'évaluation selon les moyens d'un riche. Rabbi Yehouda dit : ce n'est pas seulement dans un cas où l'on était riche au moment du vœu ou au moment du paiement ; même si au moment du vœu d'évaluation il était pauvre, qu'il est devenu riche puis est redevenu pauvre, il donne l'évaluation selon les moyens d'un riche.
מַתְנִי׳ הָיָה עָנִי וְהֶעֱשִׁיר, עָשִׁיר וְהֶעֱנִי — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָשִׁיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עָנִי וְהֶעֱשִׁיר וְחָזַר וְהֶעֱנִי — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָשִׁיר.(משנה)
Mais pour les offrandes d'un lépreux, ce n'est pas ainsi, car les offrandes qu'on apporte sont déterminées par son statut au moment où il les apporte. Même s'il est notoire que son père est mort et lui a laissé un héritage de dix mille dinars, ou que son navire est en mer et que des marchandises d'une valeur de dix mille dinars vont entrer en sa possession — le trésor du Temple n'y a aucune part. Son paiement est déterminé uniquement par sa situation présente.
אֲבָל בַּקׇּרְבָּנוֹת אֵינוֹ כֵּן, אֲפִילּוּ מֵת אָבִיו וְהִנִּיחַ לוֹ רִיבּוֹא, אוֹ סְפִינָתוֹ בַּיָּם וּבָאָה לוֹ בְּרִבּוֹאוֹת — אֵין לַהֶקְדֵּשׁ בָּהּ כְּלוּם.
Guémara
GUEMARA : La Michna enseigne : s'il était pauvre au moment du serment et qu'il est devenu riche, il donne l'évaluation appropriée pour un riche. La Guemara explique que cela se déduit du verset : « Selon ce que sa main peut atteindre, celui qui a fait le vœu, le Cohen l'évaluera » (Vayikra 27, 8) — et dans ce cas il avait les moyens d'un riche quand il était prêt à donner. La Michna enseigne aussi qu'un riche devenu pauvre donne aussi l'évaluation comme s'il était riche. La Guemara explique que cela se déduit du début du même verset : « Selon [al pi] ce que sa main peut atteindre » — l'expression al pi met l'accent sur le moment où la personne a prononcé le vœu de sa bouche [peh], et à ce moment il était riche.
גְּמָ׳ עָנִי וְהֶעֱשִׁיר — ״אֲשֶׁר תַּשִּׂיג יַד הַנֹּדֵר״. עָשִׁיר וְהֶעֱנִי — ״עַל פִּי אֲשֶׁר תַּשִּׂיג״.
§ La Michna enseigne que Rabbi Yehouda dit : même si l'on a fait une évaluation quand on était pauvre, qu'on est devenu riche puis est redevenu pauvre, on donne l'évaluation selon les moyens d'un riche. La Guemara demande : quel est le raisonnement de Rabbi Yehouda ? Le verset dit : « Mais s'il est trop pauvre pour ton érakhin » (Vayikra 27, 8). L'ordre des mots met l'accent sur « il », ce qui indique qu'il n'est considéré comme pauvre que s'il reste dans son état de pauvreté depuis le début jusqu'à la fin de son implication avec le vœu.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ עָנִי וְהֶעֱשִׁיר וְחָזַר וְהֶעֱנִי — נוֹתֵן עֵרֶךְ עָשִׁיר. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? אָמַר קְרָא: ״וְאִם מָךְ הוּא מֵעֶרְכֶּךָ״ — עַד שֶׁיְּהֵא בְּמָכוּתוֹ מִתְּחִלָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ.
La Guemara objecte : si c'est ainsi, alors quand le verset dit de même pour un lépreux pauvre : « Et s'il est pauvre » (Vayikra 14, 21), Rabbi Yehouda devrait aussi maintenir qu'il n'est considéré comme pauvre que s'il est dans son état de pauvreté du début à la fin de l'apport des offrandes du lépreux — mais s'il était riche entre-temps, il devrait être obligé d'apporter l'offrande d'un riche, même s'il est maintenant pauvre.
אֶלָּא מֵעַתָּה, וְאִם ״דַּל הוּא״, הָכִי נָמֵי עַד שֶׁיְּהֵא בְּדַלּוּתוֹ מִתְּחִלָּתוֹ וְעַד סוֹפוֹ!
Et si l'on disait qu'en effet c'est la halakha — mais n'avons-nous pas appris dans une Michna (Negaïm 14, 11) : pour un lépreux qui a apporté ses offrandes quand il était pauvre puis est devenu riche, ou qui les a apportées quand il était riche puis est devenu pauvre — tout suit le sacrifice pour le péché que le lépreux apporte. S'il était riche quand il a apporté le sacrifice pour le péché, il apporte l'holocauste d'un riche ; s'il était pauvre quand il a apporté le sacrifice pour le péché, il apporte l'holocauste d'un pauvre. C'est l'avis de Rabbi Shimon.
וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהָתְנַן: מְצוֹרָע שֶׁהֵבִיא קׇרְבְּנוֹתָיו עָנִי וְהֶעֱשִׁיר, עָשִׁיר וְהֶעֱנִי — הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר חַטָּאת, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן.
Rabbi Yehouda dit : tout, c'est-à-dire le sacrifice pour le péché et l'holocauste, suit son statut au moment où le sacrifice de culpabilité du lépreux est apporté. Et il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : tout suit l'offrande des oiseaux, apportée par le lépreux sept jours plus tôt dans le cadre de son processus de purification. Clairement, tous conviennent qu'on apporte les offrandes du pauvre même si l'on n'est pas pauvre du début à la fin du processus.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר אָשָׁם, וְתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר צִפֳּרִים!