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Traité Arachin

14b

Étude de Arachin 14b

Étude de la Mishna & Guémara 14b

Le verset dit au sujet d'un shédeh mikna [champ acheté] : « Et s'il sanctifie à l'Éternel un champ qu'il a acquis, qui n'est pas de son shédeh achuza [champ héréditaire] » (Vayikra 27, 22). Le verset vise précisément un champ qui n'est pas un shédeh achuza au moment de sa sanctification. Cette condition exclut le champ en question : après la mort du père, il est devenu un shédeh achuza.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִם אֶת שְׂדֵה מִקְנָתוֹ אֲשֶׁר לֹא מִשְּׂדֵה אֲחוּזָּתוֹ״ — שָׂדֶה שֶׁאֵינָהּ שְׂדֵה אֲחוּזָּה, יָצְתָה זוֹ שֶׁהִיא שְׂדֵה אֲחוּזָּה.
La Guemara analyse la baraïta. C'est l'avis de Rabbi Meir ; selon Rabbi Yehouda et selon Rabbi Chimon, le champ est considéré comme un shédeh achuza même s'il l'a sanctifié et que son père est mort ensuite. Quelle est la raison de cet avis ? Si l'on suggère qu'elle tient au verset, cela ne peut être : le verset enseigne la halakha conformément à l'avis de Rabbi Meir — il parle du cas où le père est mort avant que le fils n'ait sanctifié le champ, comme Rabbi Meir l'a expliqué.
אִילּוּ לְרַבִּי יְהוּדָה וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן, אֲפִילּוּ הִקְדִּישָׁהּ וְאַחַר כָּךְ מֵת אָב — שְׂדֵה אֲחוּזָּה הָוְיָא. מַאי טַעְמָא? אִי מִשּׁוּם קְרָא — קְרָא לְכִדְרַבִּי מֵאִיר הוּא דַּאֲתָא!
Plutôt, n'est-ce pas parce qu'on suit le statut du champ au moment de la rachat [pédiôn] ? Puisque le père est mort avant que le fils n'ait racheté le champ, il est considéré comme un shédeh achuza en possession du trésor du Temple. De même, si l'on sanctifie d'abord les arbres puis le champ, on devrait les racheter ensemble, puisqu'au moment de la rachat les deux sont sanctifiés. Or cette règle ne concorde pas avec la baraïta qui dit que les arbres et le champ se rachètent séparément — la baraïta ne peut donc pas être conforme à l'avis de Rabbi Chimon.
אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דְּאָזֵיל בָּתַר פִּדְיוֹן?
Rav Na'hman bar Yits'hak dit : cette source ne contredit pas l'affirmation de Rav Houna selon laquelle la baraïta est conforme à l'avis de Rabbi Chimon. Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon ne maintiennent pas qu'on suit le statut du champ au moment de la rachat ; ils ont trouvé un verset et l'ont exposé.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן קְרָא אַשְׁכַּחוּ וּדְרוּשׁ.
Rav Na'hman bar Yits'hak expose le raisonnement de Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon : si, lorsqu'on a sanctifié le champ et que le père est mort ensuite, ce n'est pas un shédeh achuza, que le Miséricordieux ait écrit dans la Torah : « Et s'il sanctifie un champ qu'il a acquis, qui n'est pas son héréditaire » — le verset aurait pu omettre la répétition « de son champ ». Que signifie « de son champ » ? Cela enseigne que seul un champ qui n'est pas apte à devenir un shédeh achuza au moment de la sanctification se rachète pour sa valeur marchande. Mais si l'on sanctifie un champ qu'on hériterait à l'avenir, il se rachète à la manière d'un shédeh achuza.
אִם כֵּן, לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא: ״אִם אֶת שְׂדֵה מִקְנָתוֹ אֲשֶׁר לֹא אֲחֻזָּתוֹ״, מַאי ״מִשְּׂדֵה״ — שָׂדֶה שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לִהְיוֹת שְׂדֵה אֲחוּזָּה.
§ Rav Papa dit : si l'on sanctifie des champs rocailleux [terashin], impropres à la culture, on les rachète pour leur valeur marchande, et non comme des champs héréditaires. La Guemara demande : quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit qu'on rachète une surface apte au semis d'un chomer [mesure] d'orge pour cinquante sicles d'argent (voir Vayikra 27, 16), et ces champs ne sont pas aptes au semis.
אָמַר רַב פָּפָּא: הִקְדִּישׁ טְרָשִׁין — פּוֹדָן בְּשׇׁוְויָן, מַאי טַעְמָא? ״בֵּית זֶרַע״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָנֵי לָאו בְּנֵי זְרִיעָה נִינְהוּ.
Mais s'il ne les a pas rachetés avant l'année du yovel [jubilé], ils passent aux Cohanim au yovel, comme les champs héréditaires. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit : « Et si l'on ne rachète pas le champ, ou si l'on a vendu le champ à un autre homme, il ne sera plus racheté. Mais le champ, quand il sortira au yovel, sera saint à l'Éternel, comme un champ consacré ; il appartiendra au Cohen » (Vayikra 27, 20-21). Tout champ héréditaire, quelle que soit sa qualité, passe aux Cohanim s'il n'est pas racheté avant le yovel.
לֹא גְּאָלָן — יוֹצְאִין [לַכֹּהֲנִים] בַּיּוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״שָׂדֶה״ אָמַר רַחֲמָנָא, כֹּל דְּהוּ.
De plus, Rav Papa dit : si l'on vend des champs rocailleux, impropres à la culture, on peut les racheter de l'acheteur en moins de deux ans — bien qu'en principe un terrain doive rester chez l'acheteur au moins deux ans (voir 29b), d'après le terme pluriel « années des récoltes » cité ci-dessous. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit : « Selon le nombre d'années après le yovel tu achèteras de ton prochain, et selon le nombre d'années de récoltes il te le vendra » (Vayikra 25, 15), et ces champs rocailleux ne sont pas aptes aux récoltes. Mais s'il ne les a pas rachetés de l'acheteur, ils retournent au propriétaire au yovel, comme les champs héréditaires. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit : « Il comptera alors les années de la vente et rendra le surplus à celui à qui il l'a vendu ; et il retournera à son héritage ancestral » (Vayikra 25, 27) — ce champ rocailleux fait aussi partie de son héritage ancestral.
מָכַר טְרָשִׁין — נִגְאָלִין פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, מַאי טַעְמָא? ״מִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאוֹת״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי לָאו בְּנֵי תְבוּאָה נִינְהוּ. לֹא גְּאָלָן — (חוֹזֶרֶת) [חוֹזְרִין] לַבְּעָלִים בַּיּוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״וְשָׁב לַאֲחוּזָּתוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי נָמֵי אֲחוּזָּה הִיא.
Rav Papa dit encore : si l'on sanctifie des arbres dans son shédeh achuza, on les rachète selon leur valeur marchande. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit qu'on rachète une surface apte au semis d'un chomer d'orge pour cinquante sicles — cela vise spécifiquement la terre apte au grain, et non les arbres. De plus, s'il ne les a pas rachetés, ils ne passent pas aux Cohanim au yovel, contrairement à un champ héréditaire. Le Miséricordieux dit : « Mais le champ, quand il sortira au yovel, sera saint à l'Éternel… il appartiendra au Cohen » (Vayikra 27, 21) — cela vise un champ, et non des arbres.
הִקְדִּישׁ אִילָנוֹת — (פּוֹדֶה) [פּוֹדָן] בְּשׇׁוְויֵהֶן, מַאי טַעְמָא? ״בֵּית זֶרַע״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת. לֹא גְּאָלָן — אֵין יוֹצְאִין לַכֹּהֲנִים בַּיּוֹבֵל, ״וְהָיָה הַשָּׂדֶה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת.
Rav Papa dit aussi : si l'on vend des arbres de son shédeh achuza, on ne peut pas les racheter de l'acheteur si moins de deux ans se sont écoulés. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit : « Selon le nombre d'années après le yovel tu l'achèteras de ton prochain, et selon le nombre d'années de récoltes il te le vendra » (Vayikra 25, 15), et ces arbres sont aptes aux récoltes, car ils produisent des fruits. Mais s'il ne les a pas rachetés de l'acheteur, les arbres ne retournent pas au propriétaire au yovel. Quelle est la raison ? Le Miséricordieux dit : « Il comptera les années de la vente… et il retournera à son héritage ancestral » (Vayikra 25, 27) — cela ne vise que la terre, qui demeure à jamais, et non les arbres, dont la durée de vie est limitée.
מָכַר אִילָנוֹת — אֵין נִגְאָלִין פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, מַאי טַעְמָא? ״שְׁנֵי תְבוּאוֹת״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָנֵי בְּנֵי תְבוּאוֹת נִינְהוּ. לֹא גְּאָלָן — אֵין חוֹזֶרֶת לַבְּעָלִים בְּיוֹבֵל, מַאי טַעְמָא? ״וְשָׁב לַאֲחוּזָּתוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא אִילָנוֹת.
La Guemara demande : le Maître, Rav Papa, dit que si l'on sanctifie des arbres dans son shédeh achuza on les rachète selon leur valeur. Pourquoi ? Qu'ils soient sanctifiés en vertu de leur terrain et rachetés en vertu de leur terrain, selon l'évaluation de cinquante sicles par surface requise pour semer un chomer d'orge !
אָמַר מָר: הִקְדִּישׁ אִילָנוֹת — (פּוֹדֶה) [פּוֹדָן] בְּשׇׁוְויָן. אַמַּאי? וְלִיקְדְּשׁוּ אַגַּב אַרְעַיְיהוּ, וְלִיפְרְקוּהָ אַגַּב אַרְעַיְיהוּ!
Et si l'on disait qu'il a sanctifié les arbres sans sanctifier le terrain — mais les Sages de Neharde'a n'ont-ils pas dit : celui qui vend un palmier à autrui, l'acheteur l'acquiert depuis la base du tronc jusqu'aux profondeurs de la terre, c'est-à-dire avec le sol ? La Guemara répond : n'a-t-on pas précisé à propos de cette règle qu'elle ne vaut que lorsque l'acheteur vient avec une prétention spécifique d'avoir acheté le terrain sous le palmier ? Mais s'il ne prétend pas avoir explicitement acheté le terrain, celui qui vend ou sanctifie n'a pas l'intention d'inclure le sol avec le palmier.
וְכִי תֵּימָא: אִילָנוֹת אַקְדֵּישׁ, אַרְעָא לָא אַקְדֵּישׁ — וְהָאָמְרִי נְהַרְדָּעֵי: מַאן דִּמְזַבֵּן לֵיהּ דִּקְלָא לְחַבְרֵיהּ, קָנֵי לֵיהּ מִשִּׁיפּוּלָא וְעַד תְּהוֹמָא! לָאו מִי אִיתְּמַר עֲלַהּ: בְּבָא מֵחֲמַת טַעֲנָה!
Arachin 14b
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ערכין י״ד במַסֶּכֶת עֲרָכִין