Ceux qui ont été inspectés dans la chambre des agneaux pendant quatre jours avant le moment de leur abattage. La réserve de six agneaux garantissait que chaque agneau serait disponible pour l'inspection pendant trois jours avant le jour de son sacrifice, soit quatre au total. Et de qui s'agit-il ? C'est l'avis de Ben Bag Bag, car il est enseigné dans une baraïta que Ben Bag Bag dit : d'où sait-on que l'offrande quotidienne requiert un examen quatre jours avant son abattage ?
הַמְבוּקָּרִים בְּלִשְׁכַּת הַטְּלָאִים אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה, וּמַנִּי — בֶּן בַּג בַּג הִיא, דְּתַנְיָא: בֶּן בַּג בַּג אוֹמֵר, מִנַּיִן לַתָּמִיד שֶׁטָּעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה?
Le verset dit à propos de l'offrande quotidienne : « Mon offrande de nourriture, présentée par le feu, d'agréable odeur devant Moi, vous la garderez pour Me l'offrir en son temps » (Bamidbar 28, 2) ; et il dit là-bas, à propos de l'offrande pascale : « Au dixième jour de ce mois, ils prendront… et ce sera pour vous en garde jusqu'au quatorzième jour de ce mois » (Shemot 12, 3–6), c'est-à-dire du premier mois. Puisque le mot « garde » apparaît dans les deux versets, on en déduit que, comme là-bas l'offrande pascale requiert un examen quatre jours avant son abattage, ici aussi l'offrande quotidienne requiert un examen quatre jours avant son abattage.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּשְׁמְרוּ לְהַקְרִיב לִי בְּמוֹעֲדוֹ״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״וְהָיָה לָכֶם לְמִשְׁמֶרֶת עַד אַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן״, מָה לְהַלָּן טָעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה, אַף כָּאן טָעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה.
La Guemara note : le langage de la michna est lui aussi précis, selon l'explication que la michna évoque Shabbat et Roch Hachana uniquement comme moyen mnémotechnique, car elle enseigne que les six agneaux suffisent pour Shabbat et les deux jours de fête de Roch Hachana, et elle n'enseigne pas que les six agneaux sont pour être utilisés le jour de Shabbat et les deux jours de Roch Hachana. La Guemara conclut : apprends-en de la formulation de la michna que cette explication est correcte.
דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי ״כְּדֵי לַשַּׁבָּת״, וְלָא קָתָנֵי ״לַשַּׁבָּת״, שְׁמַע מִינַּהּ.
La michna enseigne qu'on ne joue pas moins de deux trompettes, et qu'on peut en ajouter. La Guemara demande : jusqu'à combien de trompettes peut-on aller ? La Guemara répond que Rav Houna dit — et certains disent que Rav Zavdi dit que Rav Houna dit — : on peut jouer jusqu'à cent vingt trompettes, comme il est dit : « Et avec eux cent vingt prêtres sonnant des trompettes » (Divrei haYamim II 5, 12).
מִשְּׁתֵּי חֲצוֹצְרוֹת וּמוֹסִיפִין וְכוּ׳. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב הוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב זַבְדִּי אָמַר רַב הוּנָא: עַד מֵאָה וְעֶשְׂרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעִמָּהֶם כֹּהֲנִים לְמֵאָה וְעֶשְׂרִים מַחְצְרִים בַּחֲצוֹצְרוֹת״.
La michna enseigne qu'on ne joue pas moins de neuf harpes et qu'on peut en ajouter sans limite, et que le cymbale était joué seul, sans qu'on puisse y en ajouter. La Guemara demande : d'où tient-on cette règle ? Rav Assi dit que le verset l'indique : « Et Assaf, avec les cymbales, pour faire retentir » (Divrei haYamim I 16, 5), ce qui montre qu'un seul Lévite jouait des cymbales. La Guemara demande : le mot « cymbales » est au pluriel, ce qui indiquerait qu'il y en avait deux ; pourquoi la michna dit-elle qu'il n'y en a qu'un ? La Guemara répond : puisque deux cymbales accomplissent un seul acte et qu'une seule personne les joue en les frappant l'une contre l'autre, la michna les appelle un seul instrument.
מִתִּשְׁעָה כִּנּוֹרוֹת וְכוּ׳ וְצִלְצָל לְבָד. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב אַסִּי, דְּאָמַר קְרָא: ״וְאָסָף בַּמְצִלְתַּיִם לְהַשְׁמִיעַ״. מְצִלְתַּיִם תְּרֵי הָווּ! כֵּיוָן דַּחֲדָא עֲבִידְתָּא עָבְדִי, וְחַד גַּבְרָא עָבֵיד בְּהוּ — קָרֵי לְהוּ חַד.
Mishna 1
MICHNA : Dans le Temple, il n'y a pas moins de douze Lévites debout sur le duchen [plateforme] adjacent à l'autel et chantant, et on peut en ajouter sur le duchen sans limite. Un Lévite mineur peut entrer dans la cour du Temple pour le service uniquement au moment où les Lévites chantent, afin de les accompagner. Et les mineurs ne jouaient ni de la lyre ni de la harpe ; ils chantaient seulement de la bouche, afin d'assaisonner la musique de leurs voix pures et aiguës.
מַתְנִי׳ אֵין פּוֹחֲתִין מִשְּׁנֵים עָשָׂר לְוִיִּם עוֹמְדִין עַל הַדּוּכָן, וּמוֹסִיפִין עַד עוֹלָם. אֵין הַקָּטָן נִכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה, אֶלָּא בְּשָׁעָה שֶׁהַלְּוִיִּם אוֹמְרִים בַּשִּׁיר, וְלֹא הָיוּ אוֹמְרִים בְּנֵבֶל וּבְכִנּוֹר, אֶלָּא בַּפֶּה, כְּדֵי לִיתֵּן תֶּבֶל בַּנְּעִימָה.(משנה)
Rabbi Éliézer ben Yaakov dit : les mineurs ne sont pas comptés dans le minimum de douze Lévites, et ils ne montent pas sur le duchen ; ils se tenaient plutôt sur le sol, leurs têtes atteignant entre les jambes des Lévites, et on les appelait les cadets [tsoarei] des Lévites.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֵין עוֹלִין לַמִּנְיָן, וְאֵין עוֹלִין לַדּוּכָן, אֶלָּא בָּאָרֶץ הָיוּ עוֹמְדִין, וְרָאשֵׁיהֶן בֵּין רַגְלֵי הַלְוִיִּם, וְצֹעֲרֵי הַלְוִיִּם הָיוּ נִקְרָאִין.
Guémara
GUEMARA : La michna dit qu'un minimum de douze Lévites se tenaient sur le duchen et chantaient. La Guemara demande : à quoi ce nombre correspond-il ? Rav Pappa dit : il correspond au nombre minimum d'instruments joués : neuf harpes, deux lyres et un cymbale. Ce nombre est aussi alludé dans la Bible, comme il est dit : « Instruit pour chanter devant l'Éternel… lui, ses frères et ses fils, au nombre de douze » (Divrei haYamim I 25, 7–9).
גְּמָ׳ הָנֵי כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַב פָּפָּא: כְּנֶגֶד תִּשְׁעָה כִּנּוֹרוֹת [וּשְׁנֵי] נְבָלִים וְצִלְצָל אֶחָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוּא וּבָנָיו וְאֶחָיו שְׁנֵים עָשָׂר״.
La michna enseigne : un Lévite mineur peut entrer dans la cour du Temple pour le service uniquement au moment où les Lévites chantent. La Guemara demande : d'où tient-on cette règle ? Rabbi Yoḥanan dit : le verset l'indique : « Alors se levèrent Yéchoua avec ses fils et ses frères, et Qadmiel avec ses fils, les fils de Yehouda, ensemble, pour diriger ceux qui travaillaient à la maison de D.ieu » (Esdras 3, 9). Ce verset montre qu'il est préférable, pour la musique, d'avoir ses fils — c'est-à-dire des mineurs — comme accompagnement.
אֵין הַקָּטָן נִכְנָס לָעֲזָרָה לַעֲבוֹדָה אֶלָּא בְּשָׁעָה שֶׁהַלְּוִיִּם כּוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיַּעֲמֹד יֵשׁוּעַ בָּנָיו וְאֶחָיו קַדְמִיאֵל וּבָנָיו בְּנֵי יְהוּדָה כְּאֶחָד לְנַצֵּחַ עַל עֹשֵׂה הַמְּלָאכָה בְּבֵית הָאֱלֹהִים וְגוֹ׳״.
La michna enseigne : les mineurs ne jouaient ni de la lyre ni de la harpe, mais chantaient de la bouche afin d'assaisonner la musique de leurs voix pures et aiguës. La Guemara note : cela veut dire que la lyre et la harpe sont deux instruments distincts. Disons-nous que la michna n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Yehouda, car il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Yehouda dit : la harpe du Temple était un instrument à sept cordes, comme il est dit : « Devant Toi abondance [sova] de joie, à Ta droite des délices à jamais » (Tehilim 16, 11). Ne lis pas le mot « abondance [sova] », mais « sept [cheva] ».
לֹא הָיוּ אוֹמְרִים לֹא בְּנֵבֶל וְלֹא בְּכִנּוֹר, אֶלָּא בַּפֶּה כּוּ׳. לְמֵימְרָא דְּנֵבֶל לְחוּד וְכִנּוֹר לְחוּד? לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כִּנּוֹר שֶׁל מִקְדָּשׁ שֶׁל שִׁבְעַת נִימִין הָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׂבַע שְׂמָחוֹת פָּנֶיךָ״, אַל תִּיקְרֵי ״שׂוֹבַע״ אֶלָּא ״שֶׁבַע״.
Rabbi Yehouda poursuit : et la harpe qui sera jouée aux jours du Messie aura huit cordes, comme il est dit : « Au chef. Sur la huitième » (Tehilim 12, 1) — sur une corde huitième.
וְשֶׁל יְמוֹת הַמָּשִׁיחַ שְׁמוֹנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִמְנַצֵּחַ עַל הַשְּׁמִינִית״, עַל נִימָא שְׁמִינִית.
Et la harpe qui sera jouée dans le monde à venir aura dix cordes, comme il est dit : « Psaume, cantique. Pour le Shabbat… avec un instrument à dix cordes et avec la lyre, avec un son solennel sur la harpe » (Tehilim 92, 1–4).
שֶׁל עוֹלָם הַבָּא עֶשֶׂר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֲלֵי עָשׂוֹר וַעֲלֵי נָבֶל עֲלֵי הִגָּיוֹן בְּכִנּוֹר״.